Radeau de bois d'érable
Bonjour Invité

Radeau de bois d'érable

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Hors ligne Mayavril

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Radeau de bois d'érable
« le: 13 mai 2018, 04h11 »
De bosse en bosse
Sur le temps
Des amours
Je me cogne
Au futur
Qui murmure
"Je t'attends
Avance en âge
Même si à l'évidence
Tu n'as aucune importance
Pour personne
Seulement pour toi

Tu t'égares aux quatre coins
De la souffrance des humains
Cela te peze en sac de pomme de terre trop lourd
 et te tourmente
À la surface de la toile cirée
D'ici et maintenant

Tes bons sentiments
Ressemblent à des semelles de chaussures
Cuitent au four des envies d'être aimée.

Petite chose
Sans importance
De ton peu à partager
Tu donnes
Tu reprends
Une chaleur fugitive
Un rayonnement retenu
Tout se compte et s'économise.

Ta joie de vivre s'use
Au fil des jours creux
En coquille d'escargot vide.

Que manger en plus
Que ton absence d'affection
Tu t'en rappelles
Enfermée dans un sandwich
D'innocence feutrée.

Tout te lâche
Seule la feuille de papier ou la toile pour peindre
S'accrochent à tes doigts
Avec fièvre
En danse permanente
Te frôlent
 Tendresse douce
Assoupie à Tes pieds
Sur tapis d'histoires inconnues"
Ainsi parle ton futur

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Hors ligne pierre de silence

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  • Auteur
Re : Radeau de bois d'érable
« Réponse #1 le: 14 mai 2018, 17h45 »
Allez Demoiselle, ne rien lâcher surtout.

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Hors ligne Mayavril

  • 623
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Re : Radeau de bois d'érable
« Réponse #2 le: 16 mai 2018, 00h43 »
Merci belle chèrie pour tes encouragements

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Hors ligne Purana

  • 803
Re : Radeau de bois d'érable
« Réponse #3 le: 16 mai 2018, 20h20 »

C'est un dialogue puissant entre le futur qui murmure impitoyablement "Tu n'as aucune importance" et le narrateur qui semble se répéter intérieurement ces mots.  

Le futur grimace plutôt que de sourire ; il se moque du narrateur plutôt que de le réconforter et le faire soigner. Il y parvient en utilisant des images très poétiques en harmonie avec ce beau verbe "murmurer".

Bravo Mayavril !

La réponse du narrateur est tamisée et il semble se parler à lui-même plutôt qu'au futur. Son cri de "Tout me lâche" est presque muet mais pourtant fort.

J'adore le titre qui va très bien avec ton poème.

Ma chère, je sais que tu es très attachée à ton propre style de mise en page centralisée.
Ne change rien si c'est ce que tu veux. Cependant, je ne peux pas m'empêcher de te montrer une autre possibilité qui, en tout cas pour moi, met davantage l’accent sur ce dialogue très spécial que je n'ai pas remarqué à la première lecture.


De bosse en bosse
Sur le temps
Des amours
Je me cogne
Au futur
Qui murmure :

        Je t'attends
        Avance en âge
        Même si à l'évidence
        Tu n'as aucune importance
        Pour personne
        Seulement pour toi

        Tu t'égares aux quatre coins
        De la souffrance des humains
        Cela te pèse sac de pomme de terre trop lourd
        Et te tourmente
        À la surface de la toile cirée
        D'ici et maintenant

        Tes bons sentiments
        Ressemblent à des semelles de chaussures
        Cuitent au four des envies d'être aimée.

        Petite chose
        Sans importance
        De ton peu à partager
        Tu donnes
        Tu reprends
        Une chaleur fugitive
        Un rayonnement retenu
        Tout se compte et s'économise.


Ma joie de vivre s'use

Au fil des jours creux
En coquille d'escargot vide.

Que manger de plus
Que notre absence d'affection
En rappel
Enfermée dans un sandwich
D'innocence feutrée.

Tout me lâche
Seule la feuille de papier ou la toile pour peindre
S'accrochent à mes doigts
Avec fièvre
En danse permanente
Me frôlent tendresse douce
Assoupie à mes pieds
Sur tapis d'histoires inconnues