lls me portent
Bonjour Invité

lls me portent

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Hors ligne Hermanoïde

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lls me portent
« le: 13 nov. 2017, 07h32 »
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Le soir
chaleur sucrée
un cortège passe sur le sable
 
C’est moi qu’on enterre
moi
le fugitif
l’exilé, le désespéré

Un instant…
une envolée de nuages occulte l’horizon
dentelles gris-bleu effilochant
le ciel orange

Dans une noblesse retenue
la troupe avance

Soudain
couvrant le bruit de la mer
un chant profond
une voix fêlée s’allume
expirant son canto.

Ils me portent, ils me portent loin

C’est le calme, la paix du soir
au jusant de ma peur.

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Hors ligne Hermanoïde

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Re : lls me portent
« Réponse #1 le: 14 nov. 2017, 21h25 »
Purana, j'ai seulement essayé de faire écho au texte "Procession" de notre ami Donaldo...

Et, pour ce qui est du dernier vers, le "jusant" c'est quand la mer se retire. 
Alors, ce dernier vers, il veut dire que la peur se retire comme la mer à marée basse, quand tout est apaisé.
Donc, tu peux l'aimer !

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Hors ligne pierre de silence

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Re : lls me portent
« Réponse #2 le: 15 nov. 2017, 17h06 »
Merci pour ce voyage en paradoxe.

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Hors ligne Hermanoïde

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Re : lls me portent
« Réponse #3 le: 16 nov. 2017, 05h57 »
D'accord Purana ! Jamais je n'ai cherché et je ne chercherai jamais à contester le ressenti de quiconque. :)
Juste un petit coup de projecteur de temps en temps tout de même, pour changer l'éclairage... 

Je ne polémiquerai donc pas, surtout sur ce sujet, qu'heureusement, je ne connais finalement pas ! :-X Qui le connaît ?

Encore merci, et beaucoup, pour tes lectures attentives et pour tes commentaires fouillés. 

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Hors ligne bleuterre

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Re : lls me portent
« Réponse #4 le: 26 nov. 2017, 22h00 »
Je m'aperçois qu'au fil de ma vie j'ai souvent imaginé des choses de cet ordre, mon enterrement, mes cendres dispersées, des fois avec une foule, d'autres fois dans l'intimité. Je pense que c'est humain, simplement pour apprivoiser cette idée de la disparition absolue des vivants sans aucune certitude inorganique de la suite. Une façon pour moi d'accepter un jour cette disparition, un peu comme le disait Montaigne "Que philosopher c'est apprendre à mourir".
Il m'arrive d'envisager ma mort de défférentes façons : tuée par un coup de couteau par un fanatique, mourir dans un attentat, mourir débranchée dans le coma, ou très vite après un cancer foudroyant... La mort est tellement brutale que je pense que nous avons besoin de la symboliser tout au long de la vie, pour faire ressortir ce que nous sommes de vivant afin de conjurer cette peur : à la fois de partir vers l'inconnu mais aussi de quitter et peiner ceux qui nous aiment. Un des mes symptômes récurrent est de déménager à peu près tous les dix ans, je l'élucident maintenant aussi comme une tentative de symboliser la disparition, l'accepter...

aborder ce sujet dans l'écriture poétique est à mon sens inévitable, sachant que chaque écriture poétique donne un bout de soi, inscrit quelque part, sur un disque dur, un cloud, un forum ou dans des publication. préparation aussi à laisser des traces de soi... tout en se sentant pleinement vivant dans l'acte d'écrire. Désolée, ce message pourrait aller dans les essais, mais votre dialogue, les amis, m'inspire cela.