Au dessus, la ramée…
Bonjour Invité

Au dessus, la ramée…

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Au dessus, la ramée…
« le: 26 nov. 2017, 16h20 »
Un moufia, deux araucarias
Surplombent la route en lacis
Défendent la grille rouillée
De l’ancien domaine sucrier
Jouent les sentinelles
 
Au dessus
La ramée
Fait ombrage
Appuyée
Des majestueux futs
Vert chartreuse
Egratignant le ciel
Bleu alice
Versant au céleste
 
Au verger
Un dédale d’essences térébinthes
Anacardiers, sycomores…badamiers
Monstrueux letchis aux troncs énormes
Aux branches tourmentées, torturées, bourrelées
Forment d’impénétrables futaies
Vert mousse, vert forêt
 
Capillaires, usnée, orchidées
Partout
Un labyrinthe de végétation
D’une opacité hyacinthe
Croît
Et monte
A l’assaut
De cocotiers centennaux
 
Fabuleux géants
Pétrole
Bleu paon
La touffeur fait place à la fournaise
L’ardeur à l’étuve
La canicule à l’été
 
Mystère et abri de la canopée
Bruissant à la nuit tombée
Des appeaux de nuées d’oiseaux
Venant faire nichée
 
L’ombre tombe en manteau
La pénombre bascule
A l’obscurité
 
La cloche d’une église baptiste  
Tinte dans les ténèbres bleutées
Au hasard d’une allée
 
Sombre écho du passé.

*

Hors ligne Hermanoïde

  • 910
  • Auteur
Re : Au dessus, la ramée…
« Réponse #1 le: 02 déc. 2017, 07h36 »
Toujours ce vocabulaire merveilleux et... envoûtant, canopéen.
Je trouve que ce texte pourrait être présenté sous la forme d'un texte classique et non sous celle d'un poème avec des vers et des strophes. Il me semble que cela lui donnerait un caractère moins aéré, plus oppressant, qui conviendrait assez à cette nature foisonnante et étrange que tu nous contes.

Un moufia, deux araucarias surplombent la route en lacis, défendent la grille rouillée de l’ancien domaine sucrier, jouent les sentinelles. Au-dessus, la ramée fait ombrage, appuyée des majestueux futs vert chartreuse égratignant le ciel bleu alice, versant au céleste.
 Au verger, un dédale d’essences térébinthes, anacardiers, sycomores… badamiers, monstrueux letchis aux troncs énormes, aux branches tourmentées, torturées, bourrelées, forment d’impénétrables futaies vert mousse, vert forêt.

Capillaires, usnée, orchidées, partout un labyrinthe de végétation d’une opacité yacinthe croît et monte à l’assaut de cocotiers centennaux, fabuleux géants pétrole, bleu paon. La touffeur fait place à la fournaise, l’ardeur à l’étuve, la canicule à l’été, mystère et abri de la canopée bruissant à la nuit tombée des appeaux de nuées d’oiseaux venant faire nichée.

L’ombre tombe en manteau, la pénombre bascule à l’obscurité. La cloche d’une église baptiste tinte dans les ténèbres bleutées au hasard d’une allée, sombre écho du passé.

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Hors ligne Purana

  • 803
Re : Au dessus, la ramée…
« Réponse #2 le: 03 déc. 2017, 00h22 »

Oui Tanagra, en fait, tu as écrit une prose poétique splendide !

Re : Au dessus, la ramée…
« Réponse #3 le: 03 déc. 2017, 05h23 »
Bonjour et merci à vous deux pour votre passage et vos commentaires, si doux, si doux.

Oui, pourquoi pas, mais j'avoue que si j'avais voulu écrire en prose, je me serais plus défoulée.

Oppressant, étouffant, suffocant, irrespirable, le but est atteint...

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Hors ligne Hermanoïde

  • 910
  • Auteur
Re : Au dessus, la ramée…
« Réponse #4 le: 03 déc. 2017, 19h37 »
Mais je n'attends que cela, Tanagra ! Défoule-toi ! ???

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Hors ligne Donaldo75

  • 153
  • Le Seigneur est un gars très très occupé
    • Demain est un autre jour
Re : Au dessus, la ramée…
« Réponse #5 le: 09 déc. 2017, 10h44 »
Bonjour tanagra,

Je n'y connais rien en botanique mais ça m'a toujours fasciné. 
Ton poème m'a rappelé les pentes d'un jardin botanique appelé le Super-Lavandou (je ne sais pas si ce jardin existe encore) où les plantes, les herbes, les fleurs, les arbustes étaient rois et nous leurs invités malgré nous.

J'ai encore ces senteurs insistantes dans mes souvenirs.

Merci pour le partage.

Donaldo