Traumatisme
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Traumatisme
« le: 22 mars 2018, 18h08 »
Je sentais que j’étais fin prêt !
Je venais d’avoir dix-huit ans et mes parents avaient prévu de souhaiter mon anniversaire ce soir.
Le chemin n’avait pas été simple.
Aujourd’hui si je me retourne sur mon passé j’estime que j’ai eu une enfance heureuse, même très heureuse.
Je peux le dire, j’ai été un petit garçon sans problèmes.
Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de ma scolarité à l’école maternelle, mais mes parents m’ont raconté que toutes les institutrices que j’ai eues m’adoraient. Toujours selon mes parents j’ai été propre très tôt ce qui est rare chez les garçons. À un an et demi, je parlais déjà correctement.
Les difficultés ont commencé quand je suis entré à l’école primaire. C’est difficile à exprimer, mais c’est à partir de cet âge que je me suis senti différent de mes camarades. D’où venait cette inquiétude diffuse, je n’étais pas encore assez mature pour la comprendre.
Il n’y avait aucune raison objective pour expliquer ce mal-être que je ressentais. Mes parents Claude et François étaient un couple uni et aimant. Résolument modernes, ils ne voulaient pas que j’utilise les mots « maman » et « papa », mais ils souhaitaient que je les appelle par leurs prénoms. Ce qui n’altérait en aucune façon l’affection que j’avais pour eux. Et ils me le rendaient bien.
Bien que je me sente mal à l’aise dans ma peau, cela ne m’empêchait pas de rechercher la compagnie de mes camarades, surtout d’ailleurs la compagnie de mes camarades filles. En y repensant maintenant je crois que c’est cela qui affectait insidieusement ma relation avec mes parents. Ils ne disaient rien, ils me laissaient faire, mais paradoxalement ce penchant devait les contrarier, surtout Claude qui devait en éprouver de la jalousie. Pour faire de moi un homme, comme il le disait, François m’avait inscrit dans un club de karaté. Et comme je voulais lui faire plaisir je m’appliquais et j’ai vite progressé dans ce sport.
Mes parents sortaient souvent, ils ne voulaient pas me dire où. Je voyais Claude se maquiller et cette cérémonie me fascinait. Plusieurs fois en cachette, je lui avais emprunté son fond de teint et son rouge à lèvres. Un jour Claude m’avait surpris dans la salle de bain. J’étais prêt à affronter sa colère… Mais rien ne se passa ! Claude se contenta de dire que j’étais encore trop jeune pour ce type d’onguents.
Je me souviens des amis de mes parents. J’étais très jeune, mais je les trouvais bizarres. Ce qui me choquait le plus c’est que Claude et François avaient l’air de les apprécier. Moi au contraire j’éprouvais une certaine répulsion quand certains d’entre eux me prenaient sur les genoux.

À huit ans, âge crucial, je commençais à m’interroger comme beaucoup d’enfants : Claude et François étaient-ils vraiment mes parents ? J’étais bien incapable de formaliser ce doute, ma maturité étant insuffisante pour le faire. Plusieurs fois je les interrogeais. Ils me répondaient toujours de façon évasive. Jusqu’au jour où après s’être concertés discrètement, ils m’avouèrent tout penaud, qu’ils m’avaient adopté.
Ce fut une déception pour moi, mais ensuite un soulagement, je comprenais d’où venait ce mal-être diffus qui m’avait accompagné toute mon enfance.
Ensuite j’avais beau me persuader que je n’étais pas le seul enfant à avoir été adopté, j’avais de plus en plus de mal à gérer mes rapports avec Claude et François. Je me sentais différent de mes parents adoptifs. La modernité de leur couple qui ne m’avait pas affecté jusque-là me traumatisait maintenant d’autant que manifestement ils comptaient sur moi pour adopter leur mode de vie. Je n’osais pas les contrarier.

Depuis six mois je vais une fois par semaine chez un « psy ». Pour lui il n’y a aucun doute : les causes de mon traumatisme sont multiples. Mon statut d’enfant adopté associé à mon incompréhension envers le mode de vie de mes parents suffit à expliquer le trouble que je ressens. Génétiquement il n’y a aucune raison que je ressemble à Claude et à François. Bien sûr on ne peut exclure l’influence de mon éducation sur mon comportement. Mais le « psy » m’a rassuré sur ce point mes goûts et mon attitude lèvent toute ambiguïté sur mon avenir…
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Quand j’eus fini de souffler les dix-huit bougies de mon gâteau d’anniversaire, je pris mon courage à deux mains. Je me levais et je criais à tue-tête :
- Claude et François, je vais vous faire de la peine, mais je suis hétérosexuel !

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Re : Traumatisme
« Réponse #1 le: 16 avril 2018, 14h40 »

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