Le glas
Bonjour Invité

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Hors ligne Loki

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  • Où il y a une volonté il y a un chemin
Le glas
« le: 02 oct. 2017, 07h27 »
Cela aurait pu être une nuit comme les autres…
En ce mois d’août 2023, le ciel particulièrement limpide du plateau du Larzac fut traversé par des étoiles filantes. Pour les observateurs c’étaient des chutes banales comme à la même époque tous les ans. Pourtant l’une d’elles était particulière…
 Rien ne distinguait ce minuscule astéroïde, d’autres qui de tout temps s’étaient écrasés sur la terre.
La tranquillité du plateau du Larzac continuait, immuable, et il en aurait été ainsi, bien longtemps si des choses mystérieuses ne s’étaient pas déclenchées. Tout débuta par une découverte du petit Sébastien.
Fils de paysan, il avait l’habitude de parcourir les Causses. Né sur le plateau, celui-ci était son royaume. Il connaissait chaque rocher, chaque buisson, chaque dénivellation autour de la ferme de ses parents. C’était un garçon solitaire et curieux. Loin de la ville, il suivait une scolarité comme interne dans un collège de Millau. C’est pour cette raison qu’il appréciait les vacances scolaires. Pendant cette période il retrouvait les habitudes de son enfance. Ce jour-là il surveillait le troupeau de moutons. Les bêtes recherchaient l’herbe rare qui parsème la lande. Le Larzac est un vaste plateau de calcaire et les autres minéraux sont plutôt rares. Sébastien avait l’habitude de ramasser des fossiles et différents cailloux pour alimenter sa collection. En retournant au collège, il était tout fier, de présenter ses plus belles pièces à son professeur de SVT. Tandis qu’il arpentait le terrain, il aperçut quelques morceaux de granit dont les éclats brillaient sous le soleil. Comme il en avait déjà à la ferme plusieurs fragments, il allait continuer plus loin quand une chose l’arrêta net. L’un des  débris semblait différent des autres. De la grosseur d’un poing, il avait perdu l’éclat du granit. Bien qu’il soit encore entier, il était devenu opaque et on ne distinguait plus à sa surface les inclusions de mica, de feldspath et quartz habituels. Sébastien essaya de le saisir, le morceau était d’une fragilité inaccoutumée. Ce phénomène piqua sa curiosité, il sortit de sa poche le sac de plastique dans lequel il rangeait ses trouvailles et précautionneusement y plaça la pierre en voie de désagrégation. À la rentrée il la montrerait à monsieur Bourgeon. Il saurait peut-être lui expliquer la cause de ce délitement. Il se souvenait, qu’en classe de quatrième, le professeur avait expliqué que le granit est un des minéraux les plus durs et que dans les terrains l’érosion due à l’eau et au gel s’attaquait prioritairement aux roches les plus tendres en particulier celles de nature calcaire. Pour pouvoir comparer sa découverte avec les morceaux de granit qu’il possédait déjà, il en ramassa plusieurs fragments.
*********
À la rentrée à la fin du premier cours de SVT, il montra sa cueillette à monsieur Bourgeon. Ce dernier fut interloqué. Le fragment opaque qu’avait ramassé Sébastien s’effritait quand on le touchait, mais en plus les autres morceaux de granit semblaient contaminés, comme atteints par une sorte de « lèpre » qui attaquait ces pierres…
Bourgeon n’avait jamais observé un tel phénomène. Il fit lui même le déplacement pour montrer ces granits à l’un de ses professeurs de faculté qui officiait au Muséum d’histoire naturelle à Paris.
Le professeur Maurice de la Tour Maubeuge fut aussi surpris que son ancien élève. Dans sa carrière, déjà longue, il n’avait jamais constaté un tel phénomène !
Il envoya illico un échantillon du granit corrodé au laboratoire du Muséum.
Quelques jours après un long rapport lui indiquait la nature de cette « lèpre ». Pour résumer, les granits sont constitués de trois éléments : le mica, le feldspath et le quartz. Les deux premiers sont formés de silicates de potassium, de sodium, de calcium et d’aluminium. Le quartz est un oxyde de silicium pur. Pour une raison inconnue, le silicium avait disparu des échantillons analysés et les autres éléments chimiques s’étaient recombinés sous des formes plus fragiles…
Le professeur Maurice de la Tour Maubeuge fit une communication à l’Académie des sciences. Elle fut très appréciée. Il restait à expliquer le phénomène…
Les choses auraient pu en rester là, cette observation inattendue ne concernant à priori que les scientifiques et le plateau du Larzac est bien lointain…
Quelque temps après plusieurs poteaux électriques s’effondrèrent, privant tout un village d’électricité. Les techniciens dépêchés sur les lieux constatèrent que le ciment avait été rongé et que les poteaux s’étaient écroulés sous leur propre poids. Une partie de la ligne constituée de poteaux en bois n’avait subi aucun dégât. Des experts diligentés pour déterminer les responsabilités dans ces incidents envoyèrent des échantillons des pylônes à un laboratoire spécialisé dans l’étude les matériaux. D’après leur rapport le béton était en voie de décomposition avancée. Pour comprendre le phénomène, il faut rappeler qu’un béton est constitué principalement de ciment et de sable auxquels on ajoute de l’eau le jour de la fabrication. Le sable contient principalement de la silice et le ciment est formé à partir de divers silicates naturels en majorité de silicates de calcium. Les parties rongées ne contenaient plus aucun atome de silicium, les autres éléments chimiques s’étant recombinés en une structure extrêmement fragile.
Ces constatations publiées sur les réseaux informatiques arrivèrent à la connaissance du professeur Maurice de la Tour Maubeuge. La similarité du phénomène sur les bétons et les granits lui parut évidente. Mais cette fois-ci le phénomène prenait une tout autre ampleur. Cette « lèpre » devenait préoccupante, elle semblait se propager… De plus les morceaux de granit recueillis par le petit Sébastien continuaient à se corroder ! Plus surprenant encore : des échantillons placés dans des éprouvettes en verre avaient contaminé leurs récipients. Les analyses avaient montré que le verre aussi perdait son silicium. Les laborantins étaient contraints de stocker les morceaux dans des éprouvettes en plastique.
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Un groupe d’experts et différents ministres étaient réunis autour du Président Macron.
- Messieurs la situation est extrêmement préoccupante. Notre pays a connu par le passé des événements entrainant de graves problèmes de santé publique ou économique. Par exemple : les épidémies de myxomatose, de la vache folle, la grippe aviaire, la crise des « subprimes » de 2006-2007, la montée du SIDA et le scandale du sang contaminé. Aujourd’hui les faits que l’on me rapporte sont d’une autre nature, mais sans doute aussi grave, si ce n’est plus grave !
La tension dans la salle était perceptible.
- J’ai demandé au professeur Maurice de la Tour Maubeuge spécialiste de minéralogie de venir faire le point sur la situation et les solutions qu’on pourrait y apporter. Professeur nous vous écoutons.
- Messieurs, à l’heure où je vous parle, le phénomène constaté qui a été résumé dans les dossiers placés devant vous, c’est encore aggravé.
Le Président Macron : - c’est à dire ? –
- Le mal mystérieux qui frappe différents minéraux et qui a commencé sur le plateau du Larzac s’étend maintenant à toute la France. Cette « lèpre » attaque tous les matériaux qui contiennent du silicium. Et il en a beaucoup : granits, sables, argiles, bétons, etc. Des bâtiments, des ponts se sont effondrés rongés par cette maladie. À chaque fois la cause en est la disparition du silicium. Ne me demandez pas où il est passé, nos travaux et recherches ne permettent pas actuellement de l’expliquer. Nous sommes en présence d’une réaction chimique jamais rencontrée !
********
Le Président Macron avait demandé à l’ONU de convoquer une assemblée générale, car « la lèpre » devenait mondiale. Après avoir contaminé les pays limitrophes de la France, elle avait gagné toute l’Europe, puis l’Asie. L’Amérique aussi était touchée ainsi que l’Océanie.
Toutes les sommités scientifiques de la planète étaient mobilisées.
Les causes de cette épidémie restaient inexplicables.
Les autorités essayaient de pallier les dégâts en renforçant les bâtiments, les édifices et les ouvrages d’art par des structures métalliques ou en bois. Mais les résultats restaient précaires et n’étaient que provisoires. Notre civilisation prenait conscience de la fragilité de son système reposant sur le ciment, le béton et le mortier. Même les ouvrages construits en pierre étaient touchés. L’Égypte venait de signaler que les pyramides à leur tour étaient victimes de « la lèpre ».
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Quelques mois après, un espoir d’explication du phénomène fut apporté par un professeur Yu Zhengsheng de l’Université Jiao-tong de Shanghai.
Dans la communication qu’il envoyait à ses collègues du monde entier, il rapportait qu’il avait examiné plusieurs échantillons avec le dernier microscope électronique de son laboratoire. Il avait eu la surprise d’observer l’existence d’organismes encore plus petits que les virus et les prions. Après en avoir isolé quelques-uns et soumis à une analyse par des méthodes physiques la composition chimique avait révélé qu’ils étaient formés principalement de silicium, d’hydrogène, d’oxygène et d’azote. Pas de traces d’atomes de carbone…
Poursuivant ses investigations, il avait constitué deux lots. Un premier lot placé seul dans un récipient en plastique. Un deuxième lot identique placé dans un récipient en plastique avec du quartz. Examinés plusieurs jours après le premier lot n’avait pas évolué. Dans le second lot, les mystérieux microorganismes s’étaient multipliés exponentiellement et le quartz s’était dégradé.
Sa conclusion entraina une sidération dans le monde scientifique. On était en présence de particules vivantes, non plus basées sur la chimie du carbone, mais sur la chimie du silicium…
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Le président Macron avait convoqué le professeur Maurice de la Tour Maubeuge pour que celui-ci lui explique les conséquences de la découverte du professeur Yue Zhengsheng.
- Monsieur le Président, je vais essayer de vous résumer les choses. Je pense que vous avez étudié un peu de chimie pendant vos études. Tout d’abord les différents éléments chimiques présents dans la croûte terrestre. L’oxygène 46,71 %, le silicium 27,69 %, l’aluminium 8,07 %, le fer 5,05 %. Paradoxalement le carbone ne représente que 0,094 %. Et pourtant vous le savez, la vie terrestre s’est développée, à  partir du carbone…
- Jusqu’à là, je vous suis professeur ! Mais n’existe-t-il pas sur terre des organismes contenant du silicium ?
 - Si monsieur le Président ! La silice qui est un oxyde de silicium est stockée par certains organismes vivants comme les diatomées et les prêles chez les végétaux, les radiolaires et les éponges chez les animaux. Et il en existe des traces plus ou moins importantes dans différents végétaux. Mais ce qu’il faut retenir dans ces exemples c’est que le silicium n’intervient que pour la constitution de squelettes ou de structures rigides, mais en aucun cas pour la constitution d’une matière « organique vivante » !
- Est-ce grave ?
- Extrêmement grave, monsieur le Président. La vie a débuté sur Terre quand il y a des millions d’années pour des raisons que les savants n’ont pas encore élucidées, dans un cocktail de composés carbohydrogénés et azotés sont apparues des molécules complexes capables de se reproduire. Cette complexité s’est accrue au fil temps pour aboutir aux êtres vivants que nous connaissons actuellement. Faute de pouvoir expliquer la cause du phénomène, longtemps les savants l’ont appelé « la force vitale ». « La vie » que je viens vous décrire est basée sur un élément chimique particulier « le carbone ». Toute matière dite « organique » contient du carbone. Or il existe dans le tableau périodique des éléments chimiques, dans la même colonne, un autre élément ayant la même structure électronique que le carbone : le silicium. Les chimistes savent synthétiser des molécules analogues aux hydrocarbures, mais ayant des atomes de silicium à place d’atomes de carbone.
- Donc ce que l’on vient de découvrir existait déjà !
- Certes oui, mais ce qui est nouveau aujourd’hui c’est que des molécules à base de silicium ont subi l’action d’une « force vitale » analogue à celle qui a entrainé la vie sur Terre, leur permettant de se reproduire…
*********

À New-York tous les dirigeants de la planète étaient réunis. Jamais la situation sur la Terre n’avait été aussi grave. Parmi tous les chefs d’État des grands pays, seul Emmanuel Macron était encore présent. Donald Trump et Mike Pence avaient été tués en 2019 dans un attentat. Les États-Unis étaient représentés par une Présidente d’origine hispanique Carmen Ribera. Vladimir Poutine avait été renversé par un général, le général Sergueï Kommisarenko et croupissait dans un camp au fin fond de la Sibérie. Angela Merkel avait dû céder sa place à un chancelier d’extrême droite. Un nouveau président chinois avait succédé à Xi Jiping. La Grande-Bretagne était devenue une république.
Tous les meilleurs cerveaux de la planète s’étaient réunis autour du professeur Yu Zhengsheng et du professeur Maurice de la Tour Maubeuge afin d’informer les dirigeants et le monde sur l’ampleur de la menace.
Le premier résuma l’avancement de ses travaux sur la « lèpre » de la pierre.
Elle s’était propagée par les microorganismes silicés qu’il avait nommés faute de mieux les siliprions . Ceux-ci se reproduisaient en se « nourrissant » du silicium présent dans les minéraux terrestres. En raison de la profusion du silicium dans la croûte terrestre, « la nourriture » était abondante et cette « vie silicée » allait submerger la vie carbonée.
L’atmosphère de la réunion était lourde et pesante, tous les membres de l’assemblée étant conscients de la gravité du problème.
La présidente des États-Unis Carmen Ribera posa la question qui était sur toutes les lèvres.
- Professeur, est-il possible de faire quelque chose ?
- Madame, il n’y a rien à faire ! Une nouvelle page se tourne pour notre planète Terre. La vie carbonée arrive à son terme. Pendant des millénaires les composés du silicium ont été inertes et quand l’homme est apparu au sommet de l’échelle du vivant il a domestiqué à son profit le monde minéral. Aujourd’hui pour une raison que nous ne comprenons pas une « vie silicée » démarre sur Terre. Elle va évoluer comme a évolué la vie carbonée. La structure des siliprions n’a rien à voir avec celle des prions, virus que nous connaissons. Sont-ils même vivants au sens, où nous, êtres organiques, donnons à ce mot. Il serait utopique de faire des prévisions sur l’évolution de cette « vie silicée », la comparaison avec notre passé n’a aucun sens ni pour la durée, ni pour les structures qui ne manqueront pas d’apparaître. L’épopée du silicium prendra sans doute une tout autre forme que celle du carbone : pas de cellules avec un noyau, de poissons, de dinosaures, de mammifères, d’homme au sommet de la pyramide. Y aura-t-il même une pyramide ? Des civilisations se succédant ? Pas de cycles eau et gaz carbonique. La Terre peut devenir un astre aride, la « vie silicée » peut s’y développer sans problème. Aura-t-elle besoin de dieux comme nous ? Aujourd’hui Dieu nous a abandonnés… ou écrit-il une autre page ?

Re : Le glas
« Réponse #1 le: 02 oct. 2017, 10h31 »
Ah, ce doigt divin qui tourne les pages ! Très drôle

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Hors ligne Loki

  • 191
  • Où il y a une volonté il y a un chemin
Re : Le glas
« Réponse #2 le: 02 oct. 2017, 11h04 »
Correction faite ! Merci.
Loki

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Hors ligne Purana

  • 803
Re : Le glas
« Réponse #3 le: 02 oct. 2017, 21h40 »

Cher Loki,


tu as écrit un texte très intéressant et extrêmement engageant !


Mille bravos !

J'ai lu chaque phrase avec beaucoup d'attention et je les ai vérifiées sauf pour les prions*.
J'admire ta capacité à utiliser les réalités de la chimie et de la minéralogie pour construire un monde imaginaire que je trouve tout à fait imaginable.

J'aime beaucoup la fin avec toutes ces questions ouvertes et précises.

Notre échec à trouver des traces de vie sur les autres planètes, est probablement due à notre définition obstinée de "vie" basée sur ce que nous connaissons sur terre.

Qui dit que les cristaux ne vivent pas ?

* Jusqu'à présent, les prions ne sont pas vraiment considérés être des virus.

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Hors ligne Loki

  • 191
  • Où il y a une volonté il y a un chemin
Re : Le glas
« Réponse #4 le: 03 oct. 2017, 08h34 »
Merci Purana de tes bravos ! J'avoue que j'ai eu grand plaisir à écrire cette nouvelle car elle me permettait de philosopher  sur la nature de "la vie".
Je ne suis pas le premier ni le dernier. La question se pose toujours et elle n'est pas encore résolue...
Ta question :Qui dit que les cristaux ne vivent pas ?
me rappelle un magnifique livre "Le hasard et la nécessité" de Jacques Monod (sous-titré : essai sur la philosophie naturelle de le biologie moderne) dans lequel l'auteur s'imaginant arrivé sur une lointaine planète essaie de déterminer sur quels critères il a être possible de conclure sur les "objets" rencontrés s'ils sont vivants. Le critère "reproduction" ne suffit pas les cristaux se reproduisent, c'est un phénomène bien connu des chimistes. Il en conclue que les cristaux ne sont pas des êtres vivants... Le débat est encore ouvert !

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Hors ligne Loki

  • 191
  • Où il y a une volonté il y a un chemin
Re : Le glas
« Réponse #5 le: 03 oct. 2017, 10h17 »
PS : je n'ai pas affirmé que les prions étaient de même nature que les virus...

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Hors ligne Purana

  • 803
Re : Le glas
« Réponse #6 le: 03 oct. 2017, 18h16 »

La structure des siliprions n’a rien à voir avec celle des prions, virus que nous connaissons.


Il semblerait que j'aie été perturbée par cette virgule après le "prions" qui, au moins pour moi, est placée de façon ambiguë et qui permet deux interprétations contradictoires de la phrase.

1) La structure des siliprions n’a rien à voir avec celle des prions, c'est-à-dire des virus que nous connaissons.

2)  La structure des siliprions n’a rien à voir avec celle des prions ni avec celle des virus que nous connaissons.

Pour moi, ta phrase plaidait pour la première. Je vois maintenant que tu voulais dire la seconde.
Par conséquent, je retire solennellement ma remarque, même si j'ai toujours du mal à voir immédiatement la deuxième alternative dans ta phrase.

Y at-il quelqu'un qui pourrait m'expliquer pourquoi j'ai vu ce que j'ai vu dans cette phrase ?  ::)

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Hors ligne Loki

  • 191
  • Où il y a une volonté il y a un chemin
Re : Le glas
« Réponse #7 le: 04 oct. 2017, 07h40 »
Je reconnais que cette phrase est ambigüe. Merci de me l'avoir signalée ! Je l'ai donc corrigée...

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Hors ligne Hermanoïde

  • 907
  • Auteur
Re : Le glas
« Réponse #8 le: 04 oct. 2017, 07h41 »
Loki, c'est vraiment excellent, très bien écrit, avec du suspense, très bien documenté, et... oui, finalement philosophique, très philosophique, comme tu le mentionnes dans ton commentaire.
Je pense que tu pourrais aisément présenter ce texte à un concours !

Et comme je lui trouve vraiment toutes les qualités, je vais me permettre (ce que je fais seulement quand le texte m'a vraiment séduit) de faire quelques suggestions pour qu'il soit parfait pour moi. Bien sûr l'auteur est parfaitement libre de les accepter ou pas, et s'il ne les accepte pas, je n'en concevrai aucune frustration.
Donc voilà :
  • Il fit lui même le déplacement   --> il fit lui-même le déplacement
  • c'est encore aggravé  --> s'est encore aggravé
  • Quelques mois après un espoir d’explication   --> Quelques mois après (virgule), un espoir d'explication...
  • Examinés plusieurs jours après le premier lot   --> Examiné plusieurs jours après (virgule), le premier lot...
  • Extrêmement grave monsieur le président   -->   Extrêmement grave (virgule), monsieur le Président   (à vérifier pour la majuscule), peut-être en faut-il aussi une à Monsieur...??
  • pour des raisons que les savants n’ont pas encore élucidés  -->  élucidées
  • Angela Merkel avait du -->  avait dû
  • alors a-t-il écrit une autre page ?  --> Ou alors...  et je suggère plutôt d'écrire ...  "écrit-il une autre page ?" car le process n'en est manifestement qu'à son début !



D'autres remarques, dont tu feras ce que voudras, comme disait Rabelais, je crois !



  • il était devenu opaque et on ne distinguait plus à sa surface les inclusions de mica, de feldspath et quartz traditionnels. Je trouve que "traditionnels" est inadapté, je préférerais "habituels". Bien sûr, je vois que dans la phrase suivante tu utilises le mot "inhabituelle"... tu pourrais peut-être alors le remplacer par "inaccoutumée". Suggestion des synonymes de Word !
  • Enfin, j'ai trouvé que l'utilisation de patronymes ou de noms déjà connus affaiblissait un peu le texte, comme si tu voulais tourner ton propre texte en dérision. C'est en particulier le cas pour le "petit Nicolas". Pour moi, cela me fait penser que l'auteur ne croit pas en son texte, et par ailleurs, cela m'engage dans un autre univers, celui du Petit Nicolas de Sempé et Goscinny, mais ce ne sont peut-être que des impressions personnelles. Il faut voir ce qu'en disent d'autres lecteurs.
  • De la même manière, et pour les mêmes raisons (dérive dans un autre univers) je ne trouve pas nécessaire d'inviter Macron ou autres Trump, Poutine ou Merkel. Je trouve que cela me "distrait" trop du fil de ton histoire.



Pour Purana, je rajoute que je suis parfaitement d'accord avec sa remarque : c'est cette virgule qui change le sens et fait penser que les prions sont considérés comme des virus. Ah ! Ces virgules !

La structure des siliprions n’a rien à voir avec celle des prions ou des virus que nous connaissons. serait moins ambigu.

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Hors ligne Loki

  • 191
  • Où il y a une volonté il y a un chemin
Re : Le glas
« Réponse #9 le: 04 oct. 2017, 08h28 »
Merci Hermanoïde de cette relecture. Merci.Tes remarques sur les erreurs du texte sont justifiées et j'en ai tenu compte comme tu pourras le voir. Je m'aperçois une fois de plus que malgré la relecture de plusieurs amis certaines fautes passent inaperçues... L'oeil et le cerveau humain sont vraiment faillibles.
Par contre comme j'ai situé fictivement l'action en 2023, je ne souhaite pas modifier l'intervention des personnages politiques rattachés à cette date. En plus la vacuité de leur univers s'oppose à la densité du phénomène qui menace la Terre...

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Hors ligne Hermanoïde

  • 907
  • Auteur
Re : Le glas
« Réponse #10 le: 04 oct. 2017, 09h43 »
Pas de problème:)

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ybtag

Re : Le glas
« Réponse #11 le: 04 oct. 2017, 21h25 »
"...raisons de distance, il suivait une scolarité comme interne dans un collège de Millau. C’est pour cette raison..."

Un tout petit amendement, juste pour éviter à deux phrases qui se touchent, une répétition évitable.

Impressionnant le niveau de documentation de tes données scientifiques!
Par moment, cela confine même au cours magistral, légèrement pesant à la longue dans le cadre d'une nouvelle.(mais je "bois" tes paroles en tant qu'amoureux des sciences).

Bravo cependant sur ce point car la crédibilité de la nouvelle repose sur des connaissances assumées.
Des écrits prétendument fantastiques ou de SF ( SCIENCE fiction) souffrent trop souvent d'une absence de réelles bases ou investigations scientifiques, et se discréditent automatiquement.

Sur ce thème de la définition de la vie,son émergence dans l'univers, le passage du minéral au vivant, je reste un peu "vieux jeu" ;)  mais ouvert.,Certes la question n'est pas tranchée mais pour moi, la vie reste fondamentalement une montée en conscience.

Je sens dans ta nouvelle et je crois que tu le dis aussi, comme une punition adressée aux coeurs de pierre que sont nos gouvernants , et notre prétention d'Humanité à être "la crème des crèmes" de l'univers...::)
Cette morale un peu simpliste ,(mais bien imaginée cette punition) va bien avec ce petit fond de naïveté qui prévaut dans ta description des relations internationales et le portrait "formaté" de dirigeants et savants (avec une dose d'humour cela serait mieux passé mais sur une tonalité dramatique, ça fait  un peu sourire, gentiment).

La même chose donc, servie avec plus de causticité et d'humour noir: the Top !!!(cf."Docteur Folamour";D 8))

@mitiés

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Hors ligne Loki

  • 191
  • Où il y a une volonté il y a un chemin
Re : Le glas
« Réponse #12 le: 05 oct. 2017, 08h13 »
ybstag, tu as "raison", c'est donc pour cela que je viens de modifier le premier "raison".
Je suis sensible à tes appréciations et je t'en remercie.
Certes j'aurais pu mettre plus d'humour dans cette nouvelle, mais j'ai préféré accentuer la véracité scientifique. Et, comme tu le dis si bien : écrire un texte de science fiction en privilégiant la science au dépend de la fiction.
A côté de cela j'adore la science fiction et j'ai grandi avec la célèbre collection "Fleuve noir" avec sa célèbre fusée. Maintenant que je suis plus avancé dans le domaine des sciences je relis certains livres de la collection avec un oeil plus critique et moins de plaisir, la fiction étant devenue pour moi moins plausible...
Cela ne m'empêche pas d'apprécier les contes et même d'en écrire, en faisant fi de la réalité.

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Hors ligne Loki

  • 191
  • Où il y a une volonté il y a un chemin
Re : Le glas
« Réponse #13 le: 06 oct. 2017, 18h43 »
Cette nouvelle a suscité beaucoup de réactions sur ce site et ailleurs. Aussi j'ajoute les éléments qui suivent pour nourrir le débat qui s'est instauré.

Il est intéressant de lire une biographie de PG De Gennes, prix Nobel de physique. Il y est écrit :

           Un matin, à Cornell University, P.G. de Gennes reconnaît Roald Hoffmann (prix Nobel de chimie en 1981) dans la file d’attente du Faculty club où les professeurs prennent leurs repas, et engage la conversation :
-Pourquoi la chimie organique se fonde-t-elle sur le carbone ? Une chimie du silicium analogue fondée sur le silicium est-elle envisageable ? lui demande-t-il ?
Roald Hoffman prend son temps avant de répondre :
-Quand les orbitales sont remplies, deux atomes de silicium ne peuvent se rapprocher autant que deux atomes de carbone, car leurs orbitales se recouvrent moins bien
P.G. de Gennes reste bouche bée devant cette réponse simple comme il les aime.
pp. 193-194 de Pierre-Gilles de Gennes, gentleman physicien. Laurence PlévertBelin. Collection pour la Science (il y a aussi une édition de poche).

Naturellement ma nouvelle est une fiction, mais ce qui a guidé ma réflexion c'est que la chimie du carbone dite chimie organique est une chose (bien que de nombreuses molécules synthétisées dans les laboratoires n'existent pas dans la nature et donc ne peuvent être qualifiées «  'organique »), les macromolécules (ADN, ARN, etc.) qui interviennent dans le prodige que l'on appelle «  a vie », en sont une autre.
On peut s'interroger sur la nature du phénomène qui a permis aux différentes molécules carbonées de se complexifier et ensuite de pouvoir se répliquer. Des scientifiques émettent l'hypothèse que « La vie » serait venue de l'espace, mais même si c'est vrai cela recule le problème, mais ne permet pas de l'expliquer...
Dans ma nouvelle j'ai retenu cette dernière conjecture. Si on suppose qu'un phénomène encore inconnu de nous ait pu « exciter » des atomes de carbone, pourquoi ne pourrait-il pas en être de même pour des atomes de silicium ?

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Hors ligne Purana

  • 803
Re : Le glas
« Réponse #14 le: 07 oct. 2017, 18h32 »

Mais mon ami, ce que tu dis là n'est qu'un blasphème !

Tu impliques qu'il pourrait y avoir plus de dieux que Le Dieu.
Me dis-tu qu'un dieu a fini par créer l'homme et qu'un autre a préféré créer l'adorable ET, etc. ?

En fait, je soutiens cette idée passionnante, bien que je m'excuse silencieusement envers ce dieu que ma grand-mère croyait être le seul dieu. Après tout, qui veut aller à l'enfer ? Pourquoi prendre trop de risques bien que tous les gens intéressants semblent finir par se trouver là-bas ? ;D

D'autre part, je ne peux pas m'empêcher de sourire quand je lis ces articles "scientifiques" malgré l'intérêt que ces choses peuvent présenter d'un point de vue théorique.
Rappelle-toi que depuis que l'homme existe, il regarde en vain vers les cieux espérant y trouver une réponse à la question d'où et par qui la vie a commencé.
L'homme a même construit des pyramides, des clochers d'église et des minarets afin de se rapprocher de "Sa Sainte Résidence".

Dis-moi, où sommes-nous maintenant ?

Nous sommes revenus à la case départ et nous n'en savons absolument rien.
Je parle de connaissance et non d'imagination. Sourire.

*

Hors ligne Loki

  • 191
  • Où il y a une volonté il y a un chemin
Re : Le glas
« Réponse #15 le: 08 oct. 2017, 08h23 »
Donc bientôt rendez-vous en enfer !   :)  Avec l'espoir qu'un diablotin veuille bien nous donner des informations sur le sujet qui nous passionne tous les deux.
Cordialement.    ;)

*

Hors ligne Purana

  • 803
Re : Le glas
« Réponse #16 le: 08 oct. 2017, 08h33 »

See you down there! ;D