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* Textes récents

Papier blanc

Sur le papier blanc
Virevoltent milles histoires,
Et les mots manquent déjà
Du bout de mes doigts

Les formulations
Sont à jamais inexactes,
Quand on a peur de le dire
Vaut-il mieux l'écrire ?

Libre de penser
Je suis déjà prisonnier,
Vous croyez une histoire
Qui devient réelle

Une image morte
Propre aux valeurs qui s'effondrent,
Je caresse un vieux tableau
Créé par mes soins

Revenir au blanc
Aux histoires à inventer,
Depuis des années j'efface
La moindre prémisse

Riez et dansez
Que l'on se saoule au plaisir,
Avant de parler d'amour
Il faut en jouer

Un petit sourire
Avant de tendre la corde,
Vous me feriez dégueuler
Avec votre peine

Vous et vos tracas
De bien-portants miséreux,
Gardez-vous la distraction
D'aller vous faire foutre

Confidences de tiroir

.
Il continue à rêver de dunes de sable
 De mains savantes au creux des oyats
 Quand l'océan pousse ses dentelles de vagues
 Quand de pâles nuages élastiques
 Envahissent l'âme
 De promesses d'amour couleur chair
 Pores impatients au seuil des doigts délicats
 
 

Il rêve l'émoi d'un abandon
 Oh !
 Laisser s'accomplir le rite délicieux
 Offrir
 Satin vibrant à la houle d'un cœur
 Deux seins ourlés d'aréoles calmes
 Sombres soleils de nuit
 Cibles de toutes les tendresses
 
 


Avide de caresses
 En plis de songes inavoués
 Le soutien-gorge de Mademoiselle Lili
 Rêve
 Sage
 Replié en papier de soi
 Depuis toujours oublié dans sa boîte  

.
.

Mauve espace

Entre rose et violet,
Les ascenseurs montent,
Descendent même l'été,
Leurs contrepoids de fonte,
En hauteur, encablés,
Nos paquebots appontent,
Ils transportent nos idées,
Et les fées dans les contes.

Bonnet rouge

Je t'ai croisé
Un jour
Tu cherchais une marraine
Je t'ai trouvé un parrain
Musicien

Ton bonnet rouge
Un vie suspendue
Au moment présent

Pour une signature
À la Préfecture
Tu fus mis dans un charter
Retour case d'arrivée
Madrid

Tu parles français
Tu dois apprendre l'espagnol
Dublin deux

Ton cousin est revenu
Mourir à Abidjan
Tué par les mauvais traitements subis au Maroc

Mon coeur saigne
Ma dignité est bafouée
Tu ne t'appartiens pas

Quand pourquoi

quand
pourquoi

dehors le cytise
ici le salon ombragé

moi

la fenêtre
des brins de nuage
s'accrochant à mes  cils
des eaux ancestrales
s'évadant
de vestiges telluriques

sur les cendres défuntes
je tente d’incruster
la réminiscence mémorielle

depuis quand
pourquoi
les soupirs de l'oubli
atteste
de  notre mutisme

le cytise flamboie
au ponant
de mon regard
emmurant la
parole
ruinée


quand
pourquoi

Jeter l'ancre

La berge est rocheuse
Je n'ai plus jeté l'ancre
Depuis ton départ

Je parcours sur les eaux calmes
Le torrent de mon enfer

Sans nom

poésie sans nom
poésie du nom
du mot qui s'échappe de ton cerveau
compagnon insatiable
des chardons et des violettes
parsemant les sentes
de pointes d'images
surannées
distillant la rouille et la pluie
vers quelle aurore boréale
exiles-tu la parole

Du noir aux airs de bleu

Du noir aux airs de bleu, des instruments à vent,
Quelques costumes gris et une chanson triste
Illustrent le décor d'un spectacle sans piste
Où le désespéré ne rêve pas souvent.
 
Les regards entendus, façades d'un moment,
Bénissent sans un mot le solo du flutiste,
Voient dans la mélodie un déroulé cubiste,
Du solfège perdu sans pourquoi ni comment.
 
La musique a changé, plus vraiment africaine,
Loin des premiers gospels tant rythmés par la chaine,
La fatigue et la peur, dans les champs de coton.
 
Les esclaves d'antan sont montés sur la scène,
Ont remplacé les pins par leurs notes d'ébène,
Des centaines de fleurs sur un mur de béton.

La Croqueuse de Ciel, Les Larmes d'Océane - Episode 2.

* JAJ
Une fois de plus, mon visage repose contre le torse d'Aimé. Mes mains agrippent sa chemise, y laissant de petites traînées de sang. L'odeur salée de celui-ci se mêle à celle de son parfum. J'ai la tête qui tourne, et pas seulement à cause des senteurs et de ma faiblesse. Toutes sortes d'émotions m'envahissent, alors qu'il y a encore quelques minutes, je ne savais même pas ce qu'était être humaine. J'ai du mal à pouvoir mettre un nom sur chacune : je ne sais plus où j'en suis ! De Là-Haut, je n'avais jamais compris à quel point les sentiments et les sensations sont puissants, omniprésents et impactant sur chaque choix et chaque action. Troublée, je relève le menton pour regarder Aimé, comme s'il était un phare dans la nuit, pour un Ange en perdition comme moi.
Des boucles si blondes qu'elles en sont presque blanches entourent son visage. Il a d'épais sourcils, mais leur blondeur fait qu'il semble ne pas en avoir. Il est pâle, et contrairement à moi, aucune teinte rosée ne vient contrecarrer cette pâleur et le rendre plus vif, comme s'il n'avait pas de sang dans les veines. Ses lèvres aussi semblent inexistantes tant elles sont blêmes. Il a de grands yeux bleus et un petit nez rond. Aucun bouton, aucune griffure, aucune imperfection ne vient gâcher sa beauté sans égale.
Tu ressembles à un Ange, avec tes boucles d'or blanc...
Les mots m'ont échappé malgré moi. J'ai encore du mal à distinguer les moments où je parle et ceux où je pense. Depuis que je suis un Ange, j'ai toujours choisi quand ma pensée était accessible à quelqu'un d'autre ou non, et à qui. J'allais aussi de pensée en pensée quand quelqu'un m'autorisait à lire dans les siennes. En plus de ça, le visage de ce garçon me fascine. Ses cheveux me semblent si doux et soyeux. Il est à croquer... comme les nuages. Dire qu'il est à dessiner ne serait pas faire assez honneur à sa beauté !
Je vois une étincelle illuminer ses yeux, qui sont d'un bleu qui m'électrise : des frissons parcourent mon corps et je me retiens à grand peine de soupirer d'extase. Son regard accroche le mien. Alors que, de tous les Anges du Ciel, j'étais la seule à pouvoir véritablement me vanter d'avoir un fabuleux teint de pêche, je sens le rouge me monter aux joues : je sais que je suis ridicule. Mais bon, il paraît que le ridicule ne tue pas... et de toute manière, je ne peux pas mourir, puisque je suis un Ange !
Je suis vraiment désolée, les mots se sont bousculés en moi et...
Ne t'en fais pas. Je ne suis pas un Ange, loin de là, même si je suis incroyablement beau, me souffle-t-il à l'oreille, d'une voix à la fois taquine, douce et enchanteresse.
Je peux sentir son haleine se déchaîner dans mes longs cheveux roux et bouclés alors que je suis toujours blottie contre son torse.
Une nouvelle quinte de toux me transperce la poitrine, et de nouveau, je crache du sang. Sans m'en rendre compte, je pose l'une de mes mains sur le torse d'Aimé, à côté de mon visage, et la seconde sur son avant-bras. Une fois de plus, un tourbillon d'émotions que je ne comprends pas très bien me vrille la cervelle : douleur, peur, colère, désir... Je ne peux pas m'empêcher de gémir, sans trop savoir si c'est de douleur ou parce que, dans la panique qui l'anime, Aimé, à la fois puissant et doux, resserre son étreinte autour de moi pour me maintenir debout.
Avant de venir sur Terre, je ne comprenais pas non plus à quel point les Humains sont faibles et ont besoin d'être soutenus par quelqu'un de doux et de fort à la fois. « Comme Aimé avec moi. », ne peut s'empêcher d'ajouter mon esprit rendu confus par la tempête émotionnelle qui chamboule tout en moi. Je commence à comprendre ce qu'est véritablement être Humain. Avant, je ne faisais qu'imaginer, et j'étais bien loin de la réalité !
De douleur, je ferme les yeux et commence à haleter, serrant plus fort la chemise d'Aimé entre mes doigts. Subitement, c'est comme si trop d'air entrait dans mes poumons, dans une grande inspiration, et la douleur cesse aussi vite qu'elle était venue : mes poumons ont enfin fini de se former, Dieu soit loué !
Libérée de tant de douleur et rendue folle par toutes les émotions qui m'assaillent, je ris et je pleure en même temps, mon visage enfoui dans la chemise d'Aimé rendue immonde par mon sang. Seul ce fichu bout de tissu me sépare de sa peau qui, j'en mettrais ma main au feu, est bien plus douce que du velours.
J'ai eu beau lui cracher du sang dessus et rire comme une démente, je trouve l'instant magique et d'une extrême douceur : Aimé, alors qu'il ne me connaît pas, me murmure des paroles réconfortantes à l'oreille, son souffle chaud me donnant la chair de poule.
Lorsque je frissonne, en lui disant que je n'ai plus mal nulle part, il n'hésite pas une seule seconde : avec une infinie délicatesse, il desserre son étreinte et, me surveillant du coin de l'œil pour être sûr que je ne chancelle pas, enlève sa chemise et me la pose sur les épaules. Je m'apprête à ouvrir la bouche pour lui dire merci mais, comme une idiote, je dis sans réfléchir :
J'ai faim...
Il pouffe de rire, une main devant sa bouche et s'exclame, toujours d'une voix basse :
Eh bah ça va beaucoup mieux, on dirait : et quand l'appétit va, tout va !
Sa voix est enjouée, mais son regard le trahit, il a perdu la petite étincelle que j'avais décelée plus tôt : il est... inquiet ? pour moi.
Il me détaille des pieds à la tête, son visage se décomposant au fur et à mesure. La vision que je lui offre est désolante : je tremble comme une feuille, serrant sa chemise bonne à finir aux ordures contre moi, autour de mes épaules. En tentant de m'essuyer le nez et la bouche du dos de la main, j'ai étalé mon sang sur mon visage plus que je ne l'ai fait partir.
Lentement, il se rapproche de moi et, avec douceur, de ses pouces, me nettoie les joues. Puis, à ma plus grande surprise, il me soulève de terre avec tendresse mais fermeté. Je me retrouve serrée contre lui, ma tête sur son épaule et mes jambes autour de ses hanches.
Après quelques secondes pour me remettre de mes émotions, alors qu'il a déjà commencé à marcher, je souffle à son oreille, d'une voix à la fois inquiète qui monte dans les aigus et vibrante du désir de rester dans ses bras pour l'éternité :
Aimé, qu'est-ce que tu fais, bon Dieu ?
Je déteste vraiment ne pas savoir gérer mes émotions : je ne sais pas distinguer celles que je ressens vraiment des autres !
« He, ho, Adam, dis-moi ce que je ressens en vrai, au lieu de me compliquer l'existence ! Quitter le Ciel pour la Terre est déjà assez difficile comme ça : j'ai perdu mes Ailes, mes poumons m'ont fait un mal de chien en poussant, j'ai mis du sang partout... C'est quoi la prochaine étape ? », maudis-je intérieurement l'Ange Originel.
Aimé, extrêmement concentré, ne me répond pas et je peux maudire Adam à loisir. Pourtant, sans trop savoir pourquoi, je préfère en profiter pour regarder le dos du beau blond, désormais nu. Tout comme son visage, il est très pâle : je crois que c'est une particularité des blonds. Il est évident qu'il entretient son corps : il a de très beaux muscles. Une cicatrice, très marquée, va de son omoplate gauche à sa hanche droite.
Des larmes commencent à perler au coin de mes yeux : je croyais avoir souffert le martyr, avec mon nez et ma bouche en sang, mais ce doit n'être absolument rien à côté de ce qu'il a dû subir ! Mes pensées maudissant Adam me paraissent stupides et totalement infondées désormais.
J'ai mal pour lui, et pourtant, je n'arrive pas à détourner mon regard de la cicatrice, et je dois me retenir à grand peine de l'effleurer du bout des doigts. Pour ne pas pleurer véritablement, je me concentre sur la chaleur qui émane de sa peau, sur la sueur qui perle sur son corps et sur son souffle rythmé par l'effort, qui fait voler les petites mèches rousses à la naissance de ma nuque.
Je ferme les yeux, à la fois épuisée et ravie d'être dans les bras d'Aimé. Malgré moi, je passe des bras d'Aimé aux bras de Morphée, ma tête à présent totalement collée contre le cou du beau blond.
Je me réveille dans un grand lit. Je prends plusieurs minutes avant de bouger, cherchant à me rappeler comment je suis arrivée là, sans succès. Je décide alors de me lever pour explorer la chambre. Celle-ci est décorée de meubles anciens, magnifiquement sculptés dans l'ébène. Sur la table de chevet, à droite du lit, se trouve une photo, soigneusement encadrée. Sur celle-ci, on peut voir un jeune homme aux cheveux si blonds qu'ils en sont presque blancs assis devant en piano, un grand sourire un peu déformé par la concentration, les doigts sur les touches. De chaque côté de l'instrument, un homme et une femme, resplendissants de bonheur, regardent droit devant eux.
Peu à peu, je me souviens d'Aimé et des moments passés dans ses bras, décidant d'occulter le reste. Cependant, je ne peux pas m'empêcher de regarder mes épaules : je remarque immédiatement que sa chemise n'y est plus et que je ne porte plus la chemise de nuit que j'avais lors de la Descente. Je suis vêtue d'un pyjama bleu nuit en soie, bien trop grand pour moi.
A pas de loup, je me dirige vers la porte. Je l'entrouvre pour me retrouver nez à nez avec Aimé, le poing en l'air car il s'apprêtait à toquer, l'autre main tenant un plateau repas.
Bonjour, heu... Claudine. Je pensais qu'un bon petit déjeuner te ferait du bien.
Merci, Jean-Louis ! m'exclamé-je en riant, ouvrant la porte en grand pour lui permettre d'entrer.
Avec lenteur, il pose le plateau sur le lit, un sourire espiègle sur le visage.
Oh, et je m'appelle Melba ! C'est pas juste : tu as un nom d'Ange et moi un nom de dessert... ajouté-je, faussement boudeuse.
C'est à son tour d'éclater de rire, l'œil pétillant. Et cette fois, son regard ne contredit pas ses paroles : aucune marque d'inquiétude ne vient gâcher ce moment de bonne humeur et d'amusement.
Allez, mange, marmotte ! s'exclame-t-il avec euphorie. Mes toasts bacon-miel sont les meilleurs de l'Univers !
Marmotte ? Pourquoi marmotte ? demandé-je en croquant dans l'un des toasts, de nouveau assise dans le lit.
Tu as dormi pendant trois jours : impossible de te réveiller... Même quand je t'ai lavée et déshabillée, tu n'as pas réagi !
C'est pas normal de dormir trois jours ? Le week-end est pas fait pour ça ? Le questionné-je, curieuse d'apprendre les habitudes des Humains.
Il m'observe longuement, surpris, puis s'assoit à côté de moi, me volant un morceau de toast au passage. Je lui frappe le dos de la main et lui lance un regard noir : personne ne touche à ma nourriture sans subir mon courroux !
Tu es plutôt étrange comme fille, tu sais ? Constate-il.
Merci !
C'est pas un compliment.
Ah...
Bon, tu dois venir des pommiers de la lune pour ne pas savoir des choses comme ça, mais je vais t'expliquer comment agir normalement, souffle-t-il, plongeant ses yeux bleus dans les miens, verts.
Merci...
J'espère vraiment avoir mis de la... reconnaissance ? dans ce mot. Je reconnais de mieux en mieux les émotions que je ressens, mais je ne sais pas encore comment on les exprime : et si le montrais de la frustration au lieu de la gratitude ? J'attends patiemment un signe pour me rassurer : un sourire, un regard, un hochement de tête, ou n'importe quoi d'autre...

Infini: par quel bout le prendre?

Mot étrangement clôturé par deux lettres identiques, « I », deux balises dérisoires qui prétendent circonscrire en leur cœur la  fin , pour un horizon qui pourtant n’en comporte pas.
Ce mot n’est donc pas un « terme » comme les autres.
De beaux esprits feraient à juste titre remarquer que clôturer un champ si vaste, avec ces seuls poteaux, relève d’une entreprise que la géométrie réfuterait de toute façon !
Tout au plus pourrait-on dresser un mur, mais ce qui existe derrière ce rempart restera un mystère.
Comment imaginer cet infini inconcevable par essence à nos esprits, trop limités, bridés depuis le berceau par leur course contre le temps?
Au bout de cette épreuve, simplement la vie, arriver à destination, c'est connaître l'inévitable échéance, pour tous.
« Ici, tout commence et tout se finit » semble dire ce mot source de bien des vertiges et nausées.
Et les lettres complices de ce dieu irréductible et éternel semblent poser ainsi des points sur les « I » à nos illusions, nos existences marquées du sceau d’un point final.
Un univers éternel le sera toujours sans nous, dans une expansion sans limites ou une contraction, son expiration ou son inspiration.

Ce souffle-là n’est de toute façon pas à notre échelle.
Depuis 15 milliards d’années, un visible étonnant et mouvant se donne à voir, comme une insignifiante fuite de temps et d’espace surgis de nulle part.

Si peut-être, c’est seulement le vide qui est le liant invisible de cet univers qui s’épanche, et non une hypothétique matière noire, cet état initial supposé ne souffrirait donc pas de l’absence des poussières saupoudrées à l’infini et qui le constituent.
Après être retourné à la poussière, ce qui n’est pas rien, l’homme risque tout au plus de retourner au vide.

C’est une sorte de vie éternelle.

Folie passagère.

* JAJ
Furibondes passions
Ou tourments de l'esprit
Lourdement se déchaînent,
Incendiant mon âme
Et parlant à ma tête

Pour me dicter mes actes
Afin de tout brûler
Sans trop savoir pourquoi,
Sans trop même comprendre :
Ablation du bon sens,
Gangrène des pensées,
Ère de la folie
Retenue si longtemps
Enfin exorcisée !

L'équation de Drake

Le titre rebutera sans doute de nombreux lecteurs. Le mot « équation » fait penser aux mathématiques, une science mal aimée. De plus l’Équation de « Drake » ne peut être que le résultat des réflexions stratosphériques d’un prestigieux mathématicien ou physicien.
On aura tort de se fier à ce titre apparemment aride et d’arrêter sa lecture. L’histoire que nous allons conter est profondément humaine.
C’est celle d’un jeune homme de trente ans Victor Le Bellour.
Vous l’aurez deviné sans peine, Victor est breton, il est né à Brest.
Il a fait de brillantes études au lycée de l’Harteloire et comme il adorait les mathématiques il a continué non moins brillamment à l’Université de Bretagne occidentale.
Aujourd’hui il est à Paris à la faculté de Jussieu où il prépare un doctorat.
Bien que ce cursus ne soit pas courant, il n’est pourtant pas exceptionnel, mais ce qui l’est c’est le titre de la thèse de doctorat qu’a passé Victor Le Bellour : « Pourquoi, à plus de 30 ans, n’ai-je toujours pas de petite amie ? ».
Cette question bien des jeunes gens pourraient se la poser, mais ce qui nous a intéressés dans l’histoire de Victor ce sont les réponses qu’il a données.
Malgré sa passion pour les mathématiques, il a toujours eu le désir bien naturel de trouver l’âme sœur. Mais il est passé au deuxième plan derrière ce qui sera la préoccupation de sa vie.
Tant qu’il était au lycée, il n’était pas indifférent à ses camarades filles, mais le désir d’être reçu à un baccalauréat S avec mention était tellement fort qu’il considérait qu’il serait bien temps de trouver une petite amie. Certaines filles de sa classe étaient sensibles à son charme indéniable et à son prestige de bon élève, en vain. D’autres usaient de leurs charmes pour qu’il les aide à rédiger leurs devoirs de math.  Il aurait pu profiter de ces aubaines. Mais comme on l’a écrit, il ne souhaitait pas se détourner de son objectif. À notre avis il avait tort, compte tenu de ses capacités il aurait pu mener en parallèle une vie sentimentale et la réussite de ses études.
Beaucoup de lycéens pensent qu’arriver en faculté, leur emploi du temps sera plus soft et profitent de la nouvelle liberté que leur offre la première année universitaire. Ils sont victimes du couperet des examens de fin d’année. Victor comprit vite que la relative autonomie dont il disposait était un piège et maintint l’effort des années précédentes en sacrifiant les sorties. Les quelques idylles qu’il put nouer à l’Université de Bretagne occidentale aboutirent toutes à des échecs. Ces compagnes potentielles ne supportèrent pas les horaires drastiques que s’imposait le jeune étudiant.
Après l’obtention d’un master, il s’exila à Paris pour préparer un doctorat de mathématiques.
On aurait pu penser que loin d’une certaine austérité de la ville de Brest, arrivé à Paris, « le plus très jeune Victor »   profiterait des opportunités qu’offre la capitale au niveau des musées, des spectacles et des rencontres. Mais cela serait méconnaître le personnage dont nous avons brossé le portrait. Les mathématiques par l’abstraction qu’elles supposent éloignent souvent ses adeptes de la réalité quotidienne.
Mais même chez les purs esprits, les lois naturelles ne peuvent disparaître.
L’âge venant, Victor Le Bellour  ressentait de plus en plus un manque sentimental et c’est sans doute pour cela qu’il avait choisi comme titre pour sa thèse de doctorat : « Pourquoi, à plus de 30 ans, n’ai-je toujours pas de petite amie ? »
Son directeur de thèse avait été surpris par le sujet choisi par son étudiant. Mais ce professeur avait une ouverture d’esprit développée et il était curieux de voir comme cet étudiant manifestement brillant allait traiter ce sujet peu commun !
Il ne fut pas déçu, car Victor décrocha son doctorat avec les félicitations.
Il n’est pas question de développer le contenu de la thèse d’autant que bourrée de statistiques elle n’est pas facilement accessible aux profanes, mais elle eut pour origine cette fameuse équation de Drake dont nous parlons depuis le début de cette histoire. Pour mettre une petite note d’humour dans un sujet, somme toute assez austère, je dirais que les statistiques sont une des sciences les plus inexactes parmi les sciences exactes.
Cette équation a été suggérée par Frank Drake en 1961 afin de tenter d'estimer le nombre potentiel de civilisations extraterrestres dans notre galaxie avec qui nous pourrions entrer en contact. Pour les lecteurs qui voudraient avoir des précisions supplémentaires sur la méthodologie de Drake nous en faisons un résumé en annexe 1. Au terme de calculs savants, Drake avait établi qu’il existerait probablement 10 000 autres civilisations potentielles dans notre galaxie.

L’idée de Victor Le Bellour  a été d’appliquer l’équation de Drake non point au nombre potentiel de civilisations extraterrestres dans notre galaxie avec qui nous pourrions entrer en contact, mais au nombre de jeunes filles susceptibles de lui convenir à Paris.
Le jeune doctorant avait une idée précise de la femme idéale qu’il voudrait rencontrer : une jeune fille âgée de 20 à 30 ans, blonde. Vous voyez qu’il n’était pas trop exigeant. Pourquoi blonde ? Un psychiatre expliquerait que Victor étant brun, il voulait retrouver dans l’être aimé, sa mère qui est blonde.
Le lecteur intéressé trouvera également en annexe 2 un résumé de la thèse de Victor.
Victor aurait dû être très heureux d’être reçu à son doctorat après tant d’années d’effort.
Il le fut sans doute sur l’instant, mais le pot d’honneur passé il tomba dans une profonde déprime.
Apprendre que seules 2 femmes sur 152 000 pouvaient lui convenir était un véritable cataclysme sur ses espoirs sentimentaux. Il était conscient aussi que les statistiques dans leur férocité ne lui donnaient guère plus de chances en étendant ses calculs à la France entière.
Et puis passer d’une effervescence intense à une relative inactivité est une situation qu’il ne sut pas gérer.
Les quelques cours qu’il dispensait à Jussieu n’étaient pas suffisants pour occuper ses journées. Ajouté à cela un véritable écœurement des mathématiques. Les Laplaciens, les équations de Lagrange, le théorème de Green-Ostrogradski, les rotationnels le faisaient presque vomir. Il percevait maintenant la vacuité de sa vie.
Lui qui était sobre se mit à boire. Comme l’oubli engendré par les boissons alcoolisées ne lui suffisait pas, il se mit à fumer du hachich. Malgré tout cela il restait conscient du désert qu’était devenue sa vie. Un jour pendant une période de lucidité il décida de mettre fin à ses jours. Il n’eut pas besoin d’aller loin pour se fournir en drogue dure, les alentours de sa faculté permettent de se fournir largement si on dispose de quoi payer.
Tandis que la drogue diffusait lentement dans ses artères il repensait à Brest, son pont de la Recouvrance, l’avenue de Siam, à ses parents, un instant il eut honte en imaginant le désespoir de sa mère. Mais il était trop tard, le stupéfiant faisait ses ravages. Il quitta le temps et l’espace qui celui-là n’avait rien de vectoriel.
L’histoire aurait pu se terminer ainsi, mais le destin en avait décidé autrement.
Car quelques minutes après l’évanouissement du jeune homme, la porte de l’appartement s’ouvrit, un releveur de la compagnie d’électricité apparut suivi de la concierge.
Il eut l’impression de sortir d’une nuit noire. Ses sens annihilés se remirent à fonctionner. Une odeur pharmaceutique pénétra ses narines, ses oreilles perçurent des battements mécaniques réguliers.
Son bras droit devint douloureux, puis il sentit que quelqu’un lui tenait la main. La pression était d’une extrême douceur. Enfin il ouvrit les yeux. Ce fut comme une fulgurance, jamais un visage de femme ne lui avait paru si beau. Un visage de porcelaine, des yeux noirs et brillants, des cheveux noirs de jais. Et ce sourire qui exprimait toute la douceur du monde. Il sentit que son univers basculait, rempli d’une nouvelle passion !
À mesure qu’il se rétablissait, il put faire une plus ample connaissance avec son infirmière.
Elle était d’origine cambodgienne, elle se prénommait Phkamliah ce qui signifiait « Fleur de jasmin ». Elle avait trente-cinq ans et vivait seule avec une petite fille de trois ans Pruk prohm cheng : « Rosée du matin ».
L’attirance fut réciproque.
C’est un autre homme qui quitta l’hôpital.
Il se mit en ménage avec Phkamliah. Ils vivent heureux tous les trois. Vous pourrez rencontrer Victor, jardinier au parc Montsouris. C’est sûrement le seul jardinier de France, docteur en mathématiques !














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Annexe 1
L’équation de Drake

L'équation est le produit de sept facteurs :
N = R*  X  fp  X  ne  X  fl  X  fi   X  fc  X  L
où :
* N est le nombre de civilisations extraterrestres dans notre galaxie avec lesquelles nous pourrions entrer en contact ;
et :
* R* est le nombre d'étoiles en formation par an dans notre galaxie ;
* fp est la fraction de ces étoiles possédant des planètes ;
* ne est le nombre moyen de planètes potentiellement propices à la vie par étoile ;
* fl est la fraction de ces planètes sur lesquelles la vie apparaît effectivement ;
* fi est la fraction de ces planètes sur lesquelles apparaît une vie intelligente ;
* fc est la fraction de ces planètes capables et désireuses de communiquer ;
* L est la durée de vie moyenne d'une civilisation, en années.
Les scientifiques de nos jours ont de considérables désaccords sur les valeurs possibles de ces paramètres. Les valeurs utilisées par Drake et ses collègues en 1961 sont :
* R* = 10 an?1 ;
* fp = 0,5 ;
* ne = 2 ;
* fl = 1 ;
* fi = fc = 0,01 ;
* L = 10 000 ans.
Ce qui donne N = 10 civilisations en mesurent de communiquer dans la Voie Lactée.











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Annexe 2
Nombre d’habitants à Paris : 2 210 000
Nombre de femmes : 1 190 000
Nombre de femmes célibataires : 152 000

N = R * X  fp  X  ne  X  fl  X  fi   X  fc  X  L

* R* est le nombre de naissances par an à Paris : 2945/2 210 000 =0.0013
* fp est la fraction de femmes : 1 190 000/2 210 000 = 0,54
* ne est le nombre de femmes célibataires : 152 000
* fl est la fraction de ces femmes de 20 à 30 ans : 0,2
* fi est la fraction de ces femmes hétérosexuelles : 0,99
* fc est la fraction de ces femmes blondes : 0.2
* L est la fraction de femmes désireuses de trouver un partenaire durable : 0,5
*
Ce qui donne 2 femmes pouvant satisfaire à ces critères





1

Radeau de bois d'érable

De bosse en bosse
Sur le temps
Des amours
Je me cogne
Au futur
Qui murmure
Je t'attends
Avance en âge
Même si à l'évidence
Tu n'as aucune importance
Pour personne
Seulement pour toi

Tu t'égares aux quatre coins
De la souffrance des humains
Cela te peze sac de pomme de terre trop lourd
 et te tourmente
À la surface de la toile cirée
D'ici et maintenant

Tes bons sentiments
Ressemblent à des semelles de chaussures
Cuitent au four des envies d'être aimée.

Petite chose
Sans importance
De ton peu à partager
Tu donnes
Tu reprends
Une chaleur fugitive
Un rayonnement retenu
Tout se compte et s'économise.

Ma joie de vivre s'use
Au fil des jours creux
En coquille d'escargot vide.

Que manger de plus
Que notre absence d'affection
En rappel
Enfermée dans un sandwich
D'innocence feutrée.

Tout me lâche
Seule la feuille de papier ou la toile pour peindre
S'accrochent à mes doigts
Avec fièvre
En danse permanente
Me frôlent tendresse douce
Assoupie à mes pieds
Sur tapis d'histoires inconnues

La Croqueuse de Ciel, Les Larmes d'Océane - Episode 1.

* JAJ
Il y a l'épisode zéro qui est à lire, il contient la première de couverture, le résumé et le prologue.

Chapitre 1 :

Ça y est. C'est le jour J. Le jour de la Descente. Je dois me rendre sur Terre. J'appréhende : je ne me souviens pas de ma vie là-bas. Aucun Ange ne s'en souvient. Après la mort d'un Humain, lorsque son âme gagne le droit d'accéder au Ciel, elle va au Réfectoire.

Oh, ne vous réjouissez pas trop vite, je vous vois venir à des kilomètres : non, ce n'est pas une cantine ! J'avoue que l'on déguste, mais pas comme vous l'imaginez... Moi, je préfère appeler cet endroit la Salle aux Mille Visages. C'est plus poétique. Et ça ne me ramène pas sans arrêt à ma fichue boulimie, qui me cause bien assez de problèmes comme ça !

Dans cette salle, l'Âme, que l'on appelle une Opaque, doit choisir la couleur qu'elle revêtira, comme une seconde peau, pour pouvoir devenir véritablement un Ange. Les Anges Noirs sont généralement mesquins, rancuniers, opiniâtres et prompts à la bagarre, mais ils ont de l'humour. Les Anges Blancs sont plus doux, attentifs, patients, tolérants et optimistes, mais sont trop sensibles et prennent les choses trop à cœur. Pour l'aider à faire un choix, une Opaque a mille miroirs autour d'elle, qui montrent chacun une facette de sa personnalité et les répercutions que celle-ci a eu sur ses actions sur Terre. L'Opaque revoit ainsi la totalité de son existence, de manière à être contrainte de réfléchir sur l'influence positive ou négative qu'elle a eue sur le Monde.

Moi, je privilégie le terme de Translucide, car il contient le mot « lucide ». Or, c'est le dernier moment, avant de devenir Ange, pendant lequel l'Âme se rappelle de son vécu terrestre. Quand elle a fait son choix, elle passe dans l'Occultoire : elle oublie tout de son passé et seuls demeurent son principal défaut, sa qualité première, son trait de caractère dominant et le cheminement de sa réflexion lorsqu'elle était dans la Salle aux Mille Visages, sans pour autant qu'elle puisse se souvenir de ce que les miroirs lui ont montré. Ainsi, il se trouve que je m'empiffre à longueur de temps, mais que je suis toujours souriante et attentionnée.

Ensuite, un Teinturier, Blanc ou Noir selon le choix de chaque Âme, vient colorer notre Anaya de la couleur de notre choix. Une fois de plus, notre vision de l'Univers change : elle est alternée par la couleur de notre Anaya. J'aime beaucoup observer les Teinturiers, même s'ils me rendent triste. Ce sont des Anges, eux-aussi, mais ils sont en marge de tout : tout le monde a peur de les approcher, de crainte de voir son âme changer soudainement de couleur. Parfois, je me demande ce que serait ma vie si j'avais fait un autre choix dans la Salle aux Mille Visages. D'autres fois, je me demande comment l'on passe du statut d'Ange tout à fait banal à celui de Teinturier. Certains disent que, à force de douter de la couleur de leur Anaya, ils sont devenus des Anges Gris, que j'aime appeler Indécis, puisque, comme si propager le doute les rassurait et justifiait leurs remises en question, ils se seraient transformés en Teinturiers, acquérant ainsi le pouvoir d'Alternance, qui change les Anayas de couleur. Les Blanchisseurs étaient des Anges Blancs avant de devenir des Indécis puis des Teinturiers. Ils respectent les autres Anges et n'alternent les Anayas des Anges Noirs pour les rendre Blanches uniquement à leur demande ou lorsque leur doute est trop important, les grisant d'abord avant de les blanchir. Les Noircisseurs sont leurs équivalents. Ils grisent les Anayas ayant de les Noircir. Si tout le monde évite les Teinturiers, c'est à cause des Détartreurs et des Gratteurs, que l'on appelle aussi Griffeurs. Ils alternent les Anayas sans le consentement des Anges qu'ils ciblent, leur ôtant tout libre arbitre. Ils ne les grisent pas pour une transition plus douce. Le changement est radical et soudain, traumatisant l'Ange. Les Détartreurs blanchissent les Anayas et les Griffeurs les noircissent. Même si l'on est prévenus dès le départ, je n'ai compris que la couleur de notre Anaya n'indique pas si nous sommes bons ou mauvais que quand j'ai observé les Teinturiers.

Être un Ange Gris pour un Ange est pire que la mort pour les Humains. On est incapable de faire un choix. On n'est ni bon ni mauvais. On ne sait pas si l'on veut vivre au Sous-Sol, où vivent généralement les Anges Noirs, ou dans le Petit Ciel, où l'on trouve principalement des Anges Blancs. Les autres Anges ne savent pas non plus sur quel pied danser, et si l'on est digne de confiance...

Je déglutis. Ce sujet me déprime. A l'origine, j'essayais de détourner mes pensées du fait que c'est le jour de la Descente... La vérité, c'est que je n'ai aucune idée de ce que je vais vivre sur Terre, et j'ai oublié avec quelle force les émotions peuvent envahir un Humain, la sensation d'avoir un corps qui emprisonne son âme... Bon, cela n'est pas très grave, j'aime les découvertes, mais j'appréhende vraiment ! Enfin, peut-être que la réalité est bien moins sombre que ce que j'imagine, qui sait ?! Toutes sortes de questions me hantent tout de même : est-ce que la Chute est douloureuse ? où vont disparaître mes Ailes auxquelles je tiens tant ? est-ce que je vais perdre mon Aura et mon Odorat, qui me permettent d'être reconnue des autres Anges et de les reconnaître ? comment vais-je faire pour ramener les déchus à tort par ma faute ? et comment les différencier des vrais Déchus ? combien de temps vais-je devoir rester sur Terre ? est-ce qu'Adam va me forcer à rester éternellement sur Terre pour me punir ? et si j'échoue dans ma Quête, que se passera-t-il ?

Soudain, je sens que l'on me pousse dans le dos. Ma chute commence subitement, interrompant le fil de mes pensées. Je ne sais pas si Adam a choisi ce moment pour que je n'aie pas trop le temps de douter et d'appréhender ou si c'est un coup bas. Je suis tétanisée et silencieuse, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés. Mes Ailes sont repliées dans mon dos et ne me servent à rien : elles sont paralysées. L'air entre avec force dans ma bouche. Je ne peux plus respirer. Une douleur atroce me tord les entrailles. Personne ne m'a dit que ça faisait aussi mal. Je crois que ce sont mes poumons qui sont en train de pousser. Le Anges n'ont pas de poumons... Une autre douleur, tout aussi forte, se mêle à celle-ci. Je suis en train de perdre mes Ailes... Je retiens mes larmes. J'ai si mal que je ne pense même pas à l'atterrissage.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je touche le sol avec une extrême douceur. Pour la première fois, mon corps touche le sable. La sensation est désagréable. Je regrette les doux nuages laiteux et cotonneux. Je suis allongée, face contre terre. J'ai les yeux injectés de sang, je suffoque et je saigne du nez. Mon corps sait instinctivement comment respirer, Dieu merci. Par contre, je peine à me remettre debout : je ne sais pas sur quels membres m'appuyer pour me relever.

Pff, ça commence bien !

J'ai un hoquet de surprise. Je n'avais jamais entendu ma voix. Les Anges ne parlent pas, ils communiquent par la pensée. J'ai émis une sorte de grondement rauque très peu attirant. J'espère que c'est dû au choc de la Descente et que je n'aurais pas tout le temps cette voix...

Alors que j'essaye laborieusement de me relever, pas encore habituée à avoir un corps, un jeune homme vient à mon secours. J'espère qu'il n'a rien vu de ma Chute !

Attends, je vais t'aider ! s'exclame-t-il à voix basse, apparemment ravi de pouvoir donner une main secourable à quelqu'un.

Avant que je ne puisse protester, des bras puissants me soulèvent du sol et mon visage se retrouve soudainement contre une chemise de satin blanche qui sent merveilleusement bon.

Merci, heu... Jean-Louis ? murmuré-je en m'éloignant lentement du torse du garçon, un sourire joueur sur le visage malgré la douleur et la fatigue, tout en m'époussetant. Réalisant que je n'ai pas de manches, je m'essuie le nez du dos de la main, tout en maudissant intérieurement Adam et ses farces idiotes. Selon lui, elles peuvent être utiles pour gagner en expérience et en sagesse. En plus, je crois qu'il a voulu que je découvre en premier des sensations désagréables, pour que je ne m'attache pas trop à la Terre et à ses habitants et que je n'oublie pas que je suis ici pour mener à bien une mission et réparer mes erreurs passées.

« Putain d'enfoiré d'Ange Originel, je vais le buter : il m'a foutu une chemise de nuit de dentelle blanche, qui m'arrive juste sous les fesses, comme s'il n'avait pas le pouvoir de me mettre de vrais vêtements ! », pensé-je, horrifiée. Pour la première fois depuis que je suis un Ange, je découvre des sensations et des émotions qui sont propres aux Humains. J'ai mal partout, j'ai froid et je suis gênée.

Aimé.

J'allais répondre que c'est un magnifique prénom et qu'il lui va très bien, même s'il a une tête de Jean-Louis ou de René-Charles, mais une affreuse quinte de toux me plie en deux. Mes poumons ne doivent pas être totalement formés. Je crache du sang au creux de ma main. Toute trace de sourire disparaît du visage du beau blond, qui s'est davantage approché de moi et adopte désormais une mine soucieuse et effrayée.

Amour démon

J'aime tes seins
j'aime tes montages
Est-cette fièvre où signe
Le gout amer
du baiser cru
La liesse est fuite
Me laisse libre
Je parle au travers
Ton regard d'or
Me lance mille feux
Est-ce la nuit
Et ses ennuis
Qui sèment
Au grès des sens
Au fil des gens
Désirer c'est flou
Comme une tristesse molle
Mais tu parles doux Lucie
je laisse faire..
Pars .

La Croqueuse de Ciel, Les Larmes d'Océane - Episode 0.

* JAJ
Résumé :

Melba n'a rien d'ordinaire, même pour un Ange. Bien malgré elle, elle en fait voir de toutes les couleurs à ses confrères. En effet, elle est boulimique, et cela pose un énorme problème : dominée par ses pulsions et son besoin viscéral de manger, elle a commencé à croquer dans les nuages, creusant de nombreux cratères dans le Ciel. Et voilà que ses compagnons de fortune ne sont plus capables d'éviter tous les trous formés dans les nuages et tombent sur Terre. Le Ciel n'est plus un lieu sûr et paisible, et Adam, l'Ange Originel, décide de renvoyer Melba sur Terre pour lui permettre de se soigner et de réparer ses fautes.

Prologue :

J'ai toujours été fascinée par le Ciel : je pourrais passer mille ans à m'émerveiller en l'observant, le regard nébuleux, sans jamais me lasser. Souvent, dans ces instants qui m'invitent à trouver la paix intérieure, je médite. Toutes sortes de questions me passent par la tête : est-ce que les pingouins ont des genoux ? qui est venu en premier, de l'œuf ou de la poule ? et de la graine ou de la fleur ? les loups, les chiens et les renards sont-ils frères, ou bien cousins ?

Si j'avais les réponses à ces questions qui me turlupinent, mon quotidien ne serait en rien changé, et d'autres viendraient aussitôt me torturer l'esprit à leur tour. Et pourtant, j'aimerais avoir toute les réponses et ces interrogations inutiles mais que je me pose tout de même, comme si elles exerçaient un irrésistible attrait sur moi.

La plus essentielle à mes yeux concerne les deux choses qui me fascinent le plus au monde : le Ciel et les Humains, que je ne comprends pas malgré tous mes efforts. Que voient-ils quand ils regardent le Ciel ? Imaginent-ils un seul instant que des êtres y vivent tout comme eux peuplent la Terre, et que ceux-ci ne sont pas une pure invention destinée à les divertir par des œuvres d'art, cinématographiques, théâtrales et littéraires ? Peuvent-ils, à défaut de voir le Ciel et les individus qui le peuplent, le concevoir comme un lieu de vie tout comme l'est la Terre. Ils n'ont pas l'Anaya, aussi appelée « œil fraternel » une pierre ronde, lisse est scintillante qui est à la place du cœur et permet aux défunts et aux Anges de voir leurs confrères : sont-ils tous pour autant incrédules et autocentrés, à se croire les seuls dans l'Univers ?

Là où leurs yeux repèrent des traînées blanches laissées par des avions, voient-ils seulement une occasion de faire un vœu ? Ne pourraient-ils donc pas me croire si je leur disais que ce sont des ruelles, plus ou moins sinueuses ou pentues ? Marchant sous cette immensité sans jamais vraiment la contempler ou même y penser, exceptés les artistes flânant en quête d'inspiration, ne pourraient-ils donc pas croire que ce Ciel insignifiant voire pâle, fade, délavé et sans vie pour certains, représente pour moi la vie et la civilisation, comme la planète Terre l'est pour eux ?

Dans chaque parcelle de Ciel, je vois une âme ailée qui a élu domicile dans les Hauteurs. Dans chaque parcelle de Ciel, je vois des rues plus ou moins bien éclairées et énergiques. Dans chaque parcelle de Ciel, je vois votre Wall Street, vos campagnes isolées et vos villes étudiantes. Le Ciel est pour moi la vie avec un grand c.

Même mes confrères me croient folle et me trouvent étrange. Pourtant,nous existons bel et bien et vivons réellement dans le Ciel. Nous sommes ce que l'on appelle des Anges. Moi, je m'appelle Melba. Je suis un Ange tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Seuls mon nom, mon surnom et mon défaut dévastateur (qui m'a d'ailleurs valu mon fichu surnom) me différencient des autres Anges. Je m'appelle Melba parce que, petite rousse aux yeux verts, j'ai un fabuleux teint de pêche à faire pâlir les autres Anges, mais surtout parce que j'ai hérité du pire des défauts selon moi. Ce dernier cause la perte de nombre d'innocents. Qui donc a décrété que les Anges sont parfaits et ne présentent aucun vice, aucune tare, aucun défaut ? Qu'on lui lave la bouche avec du savon, et qu'on lui coupe la langue s'il recommence ! La Perfection n'existe pas, même chez nous !

Mon défaut à moi est en vérité une maladie, un trouble alimentaire, plus précisément : je suis boulimique. C'est plus fort que moi : j'engloutis tout ce que j'ai sous la main... Je ne peux vraiment pas m'en empêcher !

Un jour, Adam, l'Ange Originel, chef de tous les Anges, a retiré tout ce qui était susceptible d'être mangé autour de moi. Le besoin viscéral de manger me tordait les entrailles. En désespoir de cause, j'ai croqué dans notre sol, les nuages. Une substance laiteuse, cotonneuse et emplie de douceur a envahi ma bouche. Je n'avais jamais rien goûté d'aussi délicieux ! Je ne pouvais plus m'arrêter : c'était si bon... Je croulais sous une exquise explosion de saveurs et mes papilles criaient d'extase.

Pour la première fois, j'avais créé un cratère dans le sol, que mon désir insatiable de manger élargissait toujours plus. Pour la première fois aussi, un Ange s'était alors retrouvé piégé sur Terre par ma faute. Comme si cela ne suffisait pas que, chaque jour, des avions fauchent certains de nos compagnons de fortune et les fassent chuter sur la Terre, il fallait en plus que je m'en mêle et que d'autres tombent dans les cratères créés par ma boulimie !

Très vite, la situation devint désespérée. Adam avait eu beau remettre tout en place autour de moi, plus rien ne pouvait détourner mon attention de cette substance merveilleusement obsédante que sont les nuages. Au plus grand malheur de tous, ma réputation ne fut plus à faire et l'on me surnomma rapidement « La Croqueuse de Ciel ». Chacun avait sans cesse la peur au ventre. « Et si j'étais le prochain... » était la phrase qui brûlait inlassablement toutes les lèvres, malgré le fait que personne ne souhaitait la formuler. C'était une véritable torture, pour moi comme pour les autres !

La décision fut prise à l'unanimité : moi, Melba, Croqueuse de Ciel, irai sur Terre pour réparer mes erreurs et ramener les Anges déchus à tort...

Aime-toi plus fort...

* JAJ
Tous le monde me dit
« Aime-toi bien plus fort »
Comme si c’était simple
Alors qu’on m’a appris
A ne haïr que moi
Depuis mes premiers pas

Tout le monde me dit
« T’aurais du en parler »
Comme si c’était simple
Alors qu’on m’a appris
Que le silence est d’or
Depuis mes premier pas

Tout le monde me dit
« T’aurais dû » « Tu devrais »
« Si j’étais à ta place »
Je ne vous le souhaite pas
Car je n’ai plus de rêves
Car je n’ai plus d’espoir

On m’a tuée cent fois
Je me suis relevée
La cent-unième fois
Je resterai couchée
A bouffer la poussière
A me mordre les doigts

A regreter de vivre
Tous mes rêves brûlés
Brisés sur les remparts
De tant de cruauté
Trop longtemps tolérée
Toujours banalisée

Tout le monde me dit
« Aime-toi bien plus fort »
Sans dire comment faire
Comme si c’était simple
Comme si ils savaient
Vraiment ce que je vis

Tout le monde me dit
« T’aurais dû en parler »
Pour ne pas être fautif
D’avoir rien expliqué
Comme si c’était simple
Comme si je savais

Tout le monde me dit
« Oublie donc le passé
Allez, va de l’avant
Regarde l’avenir
Tu sais la vie est belle
Elle te tend les bras »

J’ai envie de répondre
« Taisez-vous donc un peu
Elle a tendu les bras
Pour bien mieux m’étrangler
Me plonger dans l’abîme
Et m’y voir suffoquer ! »

Silences

Bienvenue dans le silence de ma vie,
Les profondeurs de mon ennuie,
Le miroir de mes erreurs
Et le revers de mon bonheur.

Bienvenue dans le silence de mes nuits,
D'où tout ressemble à tout,
D'où tout ressemble à rien,
Je n'ose plus tendre la main.

Bienvenue dans le silence de minuit,
Où tous les clochers ne sont plus,
Où même la lune ne veut plus
Chercher les étoiles disparues.

Extrait de mon recueil de poésie "Vides et Sensations" aux éditions Edilivre (décembre 2017)

regarde-moi comme un exercice



L’exercice. Tu ne me connais pas. Regarde-moi comme un exercice. Et maigrir. Je ne suis pas vide. Regarde-moi comme. Mais sans doute je suis en train de dire des choses intelligentes. Je maigris et je vomis toute la viande. Bleu. Regarde-moi comme un message. Oui. Regarde-moi vraiment comme derrière le dinosaure et  je sais que mon cerveau m’écoute. Loin de ma tête. J’explique. Je me confie. Même le mal. Je fais des pompes. Même si j’ai mal au ventre et à la tête. Loin de mon cerveau. Et j’arriverais. Bientôt. Comprendre. À me comprendre. L’exercice.

Khalid EL Morabethi

https://secicrexe.tumblr.com

Le sang de nos vies

Je vivrais esseulée,
Les doutes et le vent,
les écumes d'argent,
Et les lunes de mai.

Je vivrais sans regret,

Les pluies, les printemps,
Les soleils qui nous aiment,
Les rayons transparents.

Loin de tes contes hantés,
De tes histoires folles,
Tes regards sans pitié,
Tes sourires blafards,

Loin du sang de nos vies,
qui s'écoule et qui sèche,
De mes larmes de feu,
De mes larmes d'adieu,

Loin de ce qui détruit, paralyse et condamne,
Enchevêtre mon cœur comme un lierre sans âme,
A des murs froids, très froids qui protègent des drames,
Mais séparent tous ceux qui souhaitent s'aimer.

Extrait de mon recueil de poésie "Vides et Sensations" aux éditions Edilivre (décembre 2017)


La Solitude.

La chaussée ondule sous le serein, vapeur ouatée d’un soir d’été, la route serpente s’accote, s’arcboute à chaque rein. Le chemin est long, à la promenade, jusqu'à la thébaïde.
 
Sous le vent.
 
Les palmiers royaux griffent le pastel, tutoient l’éméraldine, soutachent le porphyre. Leurs longs futs oscillent lascifs à l’alizée.
 
L’herbe bord de mer effleure le gras du pied, caresse la peau fatiguée. Ah, s’y prélasser…
 
Un martin triste se dandine et pavane sur une levée, criaille, jase en atténué, trille, module un long sifflement fluté.
 
Au zénith, les blancs phaétons flottent au courant porteur, disparaissent sous la poussée d’une bourrasque, gondolent de plus belle, oiseaux lyres un instant, à l’apogée.
 
Au loin, balance le farouche papangue, majestueux souverain des airs.
 
L’atmosphère se teinte de pourpre et de cardinal, temps suspendu…
 
Le pas se hâte vers l’habitation. Un rideau d’usnée la voile encore à l’œil, un rai de soleil fait doucement la nique. Le tronc jaune d’un jacquier recèle la gaufre mordorée des mouches à miel.  
 
Les senteurs de rhum et de caramel, terreuses et boisées, m’envahissent, me viennent cueillir, à l’estomac. Cerises séchant sur l’argamasse, le café grillé fume encore au carraye sur le feu de bois.
 
Vite, fouiller le far far au boucan et trouver la bille de bois, y puiser de l’eau fraiche et boire à la louche, saveur métallique de pierre à fusil aux papilles.
 
Les capillaires montent à l’assaut des pierres moussues des quelques marches de l’ancienne créole.
Là sous la galerie, sur le damier frais esquisser un pas de danse, puis s’aller couler au fauteuil canné orné de passementeries surannées.
 
Violer la quiétude du salon interdit, par un air de Debussy, profaner le sanctuaire immobile, meubler de bois de rose et de palissandre le musée peuplé de bois de natte, tamarins et autres bois rouges.
 
Secouer les tentures de la belle orientale, faire jouet de la poussière et offrir au futur un autre visage de ma Solitude.
.

Ma prière


Fatiguée tant de fois,
Par ces tas de combats,
Je voudrais me poser,
Je voudrais rêvasser.

Effacer en un geste
Et ces pitres et ces clowns,
Ces points noirs et ces tâches,
Qui tarissent mes puits,
Qui blanchissent mes nuits.

Effacer en un geste,
Tous ces pitres sournois,
Tous ces clowns de papier,
Tous ces points noirs ébènes


Et ces tâches de haine.
Epuisée, j'en suis là,
Plus le cœur au combat,
Terrassée, mortifiée, à demi consumée,
Il faudrait que je crie, que je hurle au vent,
Il faudrait que je prie, que je marche devant.

Effacer en un geste,
Et ces pitres sans nom,
Et ces clowns inutiles,
Ces pantins qui foudroient,


Ces guignols qui mutilent.
Effacer en un geste,
Tous ces hommes ratés,
Ces minables imparfaits,
Qui pâlissent nos rêves
Et salissent nos âmes.

Aidez moi vous Seigneur!
Ôtez-les de ma route!
Protégez mes soleils et diamants de mes doutes!
Chassez-les loin, très loin,
Je voudrais me poser.
Chassez-les loin, très loin,
Je voudrais rêvasser.


Extrait de mon recueil de poésie "Vides et Sensations" aux éditions Edilivre (décembre 2017)
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Mai

Mai

Mercredi 2 mai 2018  du Duodi 12 Floréal 226


Pendant que la terre et l'onde
S'allient pour verdir les marronniers
Pendant que jusqu'en Pologne
On arrose de vodka les pavés de saumon

Pendant que depuis le parvis de Saint Pierre
Giovanni Montini nous asperge d'eau bénite
Pendant que l'aurore dépose
Des baisers amoureux sur les bancs publics

Les nantis ont des sueurs froides
Le grand capital ne sait pas
Quitter sa myopie de tenaille silencieuse

Des syndicats effarés, sans boussole
Peinent à ramasser les miettes
De ces sabots grondant sur le bitume
Et Moustaki sans la nommer nous parle d'elle
Et Reggiani chante Ma liberté
Liberté, liberté, liberté !
Elle s'appelle révolution permanente

Et sous les pavés l'on découvre
Des plages inouïes de tendresse
De rires, de fraternités oubliées
Quand tous les pavés numériques
Ne savent plus compter ces fleurs
Qui envahissent les murs où
Il est interdit d'interdire

Va-t'en, mon drôle, respire, aime
Imagine !

Imagine des univers où
La vérité ne sera plus séquestrée
Où le mensonge fondra comme ce bitume
Sous les feux brûlants de tous tes espoirs
Aux couleurs de colombes bleues
De rameaux d'olivier ceignant tous ces fronts populaires
Aux cœurs enfin rafistolés, vibrants
Dans l'air de mai

Un air de liberté de liberté qui flotte sur les avenues
Et l'amour…  en veux-tu ? en voilà !
Jusqu'au bout de toutes les étreintes
De toutes les nuits d'émeute
Où l'on pleure main dans la main
De ce mai lacrymogène

Je m'applique à lire un pavé de Raymond Aron dans Le Monde
Pendant que tout
Pendant que même les poissons, les coquelicots
Les marchandes de quatre saisons, même
Les concierges, les imprimeurs, les comptables
Les poissons des jardins publics
S'appliquent à jouir sans entrave

Pendant qu'au printemps tout explose et renaît
Le sage sent un vent nouveau
Et frais
Caresser son visage

Le plomb ne se transmute plus en or
Mais en plume d'ange

Des meutes d'anges innocents
Comme des pâquerettes entassent
Des pavés de barricades
Pour clore derrière eux les jougs
Du passé mensonger

Traverser le miroir
Pour se retrouver nu
Étourdi
Sans plus croire à sa mémoire
Tout oublier dans ce floréal heureux


****************

Et pour renforcer votre conscience militante et révolutionnaire :
Sans la nommer :https://www.youtube.com/watch?v=yvlkuQ9Z1Js
Sans la nommer : https://www.youtube.com/watch?v=5rPs9fBXbGs
No nos moveran :  https://www.youtube.com/watch?v=Wk-96TG_wMI

Le maître cube d'étoiles

«  Thomas ...tu vas pas me croire ! »
La voix encore empreinte d'un tout proche effroi paraissait devoir inexorablement s'éteindre.

«  Qu'est-ce qui t'arrive donc mon Super Sigurd...t'as vu le diable ? »
A l'autre bout du téléphone, faussement enjoué, mais franchement inquiet par la tonalité inhabituelle de son compère, Thomas tentait de mesurer au plus vite la gravité de l'événement.
«  Je pense que j'ai dézingué un...comment dire...un...faut l'avouer  ,une bruyante déglutition marqua le temps nécessaire à l'incroyable aveu, une sorte de E.T à la con ! »
Super Sigurd avait habitué son alter ego à plus de mesures quand il s'agissait de décrire une chose, un être, ou un phénomène.
Aussi, cette typologie « E.T à la con » , de l' espèce qu'il fuyait en temps ordinaires comme une peste surgie de la puanteur du Moyen Âge, et coupable de contaminer la raison déjà affaiblie des croyants de tout poil, cette typologie lui parut pour le moins une conversion singulière à cette altérité honnie.
Singulière et inquiétante perte de contrôle annonciatrice au mieux d'un homicide (ou "Eticide" ? ) qui pourrait se justifier (légitime défense contre des trucs qui de toute façon n'existent pas), ou au pire, d'une contamination par la folie de tous ces illuminés qui se perdent à jamais dans leurs visions ?
« Dézingué de chez dézingué.?..tu veux dire flingué ? »
Insidieusement, ou inconsciemment, Thomas éludait la question de la nature de l'homicidé, s'il y en avait un .
« C'est de sa faute , je voulais juste...c'était bien une chimère de merde ... ». Sigurd préparait sa défense mais il perdait de sa superbe ordinaire.
Il raconta comment, au lendemain d'un repas de famille bien arrosé, pour lequel sa frangine avait stupidement convié, sans prévenir qui que ce soit , Monsieur le curé du village, « un homme bien et cultivé » ! ,comment un gros cube argenté s'était posé dans le pré, à coté de sa fermette.
« J'ai pensé que c'était juste un ballon sonde qui avait mal tourné putain !».
Le registre n'évoluait guère, l'affaire était sérieuse.
Car ledit registre était réservé normalement aux quolibets baptisant les croyants des choses invisibles du ciel, et les héros zélés qui tournent autour de de la terre en semant à tous vents, le fric du contribuable.
"Et alors ? " relança Thomas qui se demandait quel rôle devait lui être dévolu dans la galère qui pointait le bout de sa proue.
Même si le nom d'un justicier tout de noir vêtu s'imposa par pur réflexe pavlovien à son esprit en guise de réponse, Sigurd confirma que celui qui était arrivé et sorti du cube ( un cube ! ) avec sa tête d'ampoule, ne ressemblait en rien à un hidalgo au sourire ravageur.
" j'ai senti tout de suite le coup foireux , un gus de chez Barnum en service commandé pour ruiner ma réputation !"
L'intonation devenait ferme, du moins se voulait-elle l'expression de celui qui maîtrise la situation, malgré l'évidence.
" il t'a dit quelque chose ?" ....Le silence des grands espaces et surtout celui du "contacté" malgré lui, indiquait la révélation d'un malaise supplémentaire.
Y'en a des tonnes de gonzes qui demandent qu'à faire copain-copain avec un E.T., et il fallait que ça tombe sur le plus indécrottable des descendeurs de soucoupes...
" Rien ...rien dit...mais j'ai compris mon gars !"
Le gars c'était Thomas, probablement, mais un peu aussi, l'autre, mal identifié.
Super Sigurd avait entendu des voix ( vu que le visiteur à soucoupe carrée ... carrée nom de dieu! ) n'avait pas de bouche apparente.
Des bribes de mots et la litanie habituelle des conneries accompagnant ces rencontres de type pas catholique: " amitiés"..."peuples"..."l'espace dans le temps"...." millions d'années"... " sages"..."tu veux faire un p"tit tour ?".....
"l'autre cureton avec ses airs de plus saint que la moyenne, moi je te dis qu'il a foutu une putain de drogue foireuse dans son Pinard bourguignon "



La révélation de cette conspiration-là, aussi inattendue que plausible avec cette espèce d'engourdisseur de raison, paraissait être la clé de l'affaire d'ETicide.
C'est que seuls "monsieur qui bénit le pain" et Sigurd, avaient bu du vin suspect.
Le temps que l'iconoclaste patenté aille répondre à l'appel de la nature pendant ce déjeuner qui s'éternisait, l'homme de peu de foi, sur ce coup-là, le prêtre sans reproches, avait largement eu le temps, discrètement, de mélanger au rouge beaunois , une poudre diabolique.
"C'est quand on a touché la base du Lem en mer de Tranquillité, et redécollé que j'ai compris que je déconnais à pleins tubes !"
Thomas ne put s'empêcher d'investiguer quand même un peu...en dépit de la confiance sans réserve portée à Sigurd.
"...touché la base du...?"
"Arrête tes conneries Thomas, j't vois v'nir avec ta question à la noix ...en attendant je suis dans la merde !"
Normal, rien de plus normal que l'élu pas vraiment volontaire d'un peuple d'en haut, puisse s'agacer de cette question vicieuse de la part d'un ami.
Le "LEM", c'est français non ?
" Quand on est ressorti du...du cube volant je savais plus où en j'en étais du délire..."
"Cube volant", Super Sigurd passait-il aux aveux discrètement?
"C'était pas plutôt un mini cinéma 3 D , vu que t'as été drogué par le curé ?"
Le voyageur contre son gré, un voyageur imprudent, ne saisit pas la perche tendue et il poursuivit dans l'émotion.
" Il me tendait ses longs bras d'imbécile heureux, et vas-y que ça se bousculait dans ma tronche..."mon frère"..."la vérité "..."rester chez toi cette nuit"..."partager"..."ère de la connaissance..."
Comme ça tournait franchement vinaigre, et dans un état second, Sigurd avait violemment repoussé cette apparition, cette illusion sans consistance réelle.
" Raide qu'il est tombé cet enfoiré de tordu...au pied du cube! "
Dans la cave, le drôle d'ET homicidé reposait donc raide mort (ou dans un état inconnu?).
"Ramènes-toi vite Thomas!"
Sigurd, Super-désappointé, un "Zorg" plus du tout dans son élément, et surtout au 36ème dessous, attendait Thomas sur le pas de sa fermette chic, "bobo-rénovée".
Point de cube ou plutôt plus de cube dans le pré...Et pour cause.
"Embarqué en douce dans un vieux camion pendant que je surveillais l'autre zèbre! "
"Engourdi " par ses copains du terrain d'à côté , qui ne se contentent pas toujours de faire du jazz Manouche sous les étoiles.
"Tu penses bien qu' j'ai pas galopé pour les choper..."


Le temps que son complice arrive, véritablement complice à présent d'un...malheureux accident, les emmerdements avaient donc décidé de présenter leur lettre de créance au nouveau président élu, l'ambassadeur des Terriens auprès des cubistes.
" Ca va se terminer à la récup de ferraille à coup sûr bordel !"
C'est évidemment ce qu'il advint dans la foulée au superbe engin dépourvu de fioritures, de blason impérial, de loupiotes clignotantes, de rayon disrupteur d'espace et d'intrus.
Un vaisseau sans chichis, aux modestes dimensions d'une ancestrale cabine des PTT.

Lui aussi fut dézingué, consciencieusement occis, oxycoupé par un de ces gars de la communauté, dur au mal et justement employé à cette tâche ingrate de découpe parce qu'il turbine sans broncher par tous les temps.
" Voyez monsieur le curé, j'y comprends rien..."
Les emmerdements avaient continué de déclarer leur loyauté indéfectible à Sigurd.
Le bon pasteur en quête d'âme perdue, s'était pointé à l'improviste chez son nouvel ami, sous prétexte de lui faire dédicacer son dernier livre " Les Rapaces de l'Espace ou l'argent du contribuable brûle-t-il en apesanteur?"

" Par ma foi, c'est là une étrange et pauvre créature qui..."
Allongé prés d'un tas de bois et à côté de plusieurs bouteilles d'un fameux Meursault, l'ET à tête d'ampoule émit un son strident puis se redressa d'un coup.
L'émissaire du Vatican entra dans une transe qui illumina son visage de premier communiant !
Lui, il était dans son élément en cette singulière occurrence.
Imaginez un peu l'aubaine: un ressuscité !
" oui mon fils..."
Il s'adressait visiblement au pilote de cubes et resta de longues minutes figé dans une écoute toute religieuse, acquiesçant avec une joie non dissimulée les messages silencieux.
" Quelle merveilleuse révélation mes enfants...il y a vraiment un., une..."
Monsieur le curé, considérant sûrement que le temps n'était pas encore venu, leur épargna charitablement le poids de cette bonne nouvelle.
Pour les nouveautés et les absurdités , tueuses en série de la raison, la saturation guettait les suppliciés du soir.

Et Dieu sait ce qu'on est capable de faire dans ces états-là ?
" il veut quoi, mon père ?"...Devant le mutisme définitif de
Stupeur Sigurd, Thomas se risqua à rompre le charme, réutilisant au passage une tournure qu'il n'avait plus prononcée depuis une éternité, hormis quand il parlait de son géniteur.

" Il nous quitte bientôt, le ciel donnera le signe...Allons-y "
Précédé d'un curé qui ouvre la voie, d'une entité de petite taille et à tête d'ampoule, les compagnons de cette étrange cordée quittèrent la cave pour gagner le pré d'à côté.
C'est le moment qui fut choisi par les héritiers de Django Reinhardt, qui achevaient une virée manifestement fructueuse, " complètement bourrés " , constat unanimement dressé par les membres de l'opération "le premier qui voit un cube a gagné", pour croiser encore la route du petit bonhomme pas comme les autres.
"M'sieur Sigurd, M'sieur le curé, M'sieur , et le ch'ti gars là !"
Même nanti de son autorité auprès de ces gens d'une Eglise évangélique un peu différente certes, mais respectueux des "Je vous salue Marie" , l' ecclésiastique requérra intérieurement le secours du Big Boss.
Les saints eux-mêmes risquaient d'être un peu légers dans cette circonstance critique.

Et l'ET curieux de tout qui s'approchait des fêtards dans la pleine lumière d'un phare du camion (l'autre étant manifestement hors-service...) !
" La vache il est vilain le "gadjo"...le pauv' gars...tu veux un ch'ti canon?..."
Il faisait nuit et une grosse étoile s'extirpa discrètement des constellations vacillantes sous le froid d'hiver.
Elle devint cube ( un cube bon sang!).
Le cube couleur d'argent , sans un bruit, se posa à quelques mètres de l'épave à moteur, borgne, dont le dernier contrôle technique devait remonter à l'invention de la roue.
Il absorba tranquillement en son sein l'ET qui avait failli boire sa première goulée de pinard, une piquette qui l'aurait probablement foudroyé sur-le-champ.
Tranquillement, vu que toute l'assemblée terrienne, bouche bée, à l'haleine chargée pour certains, fumait à l'unisson dans la nuit glaciale, comme pour un coup de sirène d'adieu quasi silencieux , hormis un "Jésus Marie Joseph..." dont on ne jurerait pas qu'il fut prononcé par Sigurd en personne!


Les gens de la communauté à l'esprit nomade n'allèrent sûrement pas chez les flics pour signaler cet objet "volant".
Des objets volants, il avaient vus d'autres... et des gars "pas finis" aussi.

Le curé décida de garder dans le tombeau du secret de la confession d'un drôle de paroissien, ce qu'il avait vu et entendu. Sa priorité reste de stopper l'hémorragie qui vide l'église de ses infidèles croyants le dimanche, ce qui rend la messe toute anémiée.
Quant à Super Sigurd et Thomas, Thomas qui en avait vu, du grand n'importe quoi, et qui ne croyait donc pas davantage à ces histoires ( et surtout qui n'avait pas demandé à voir!), ils se rangèrent aux côtés de la défense du bon sens, de la raison, combat pour lequel ils ferraillaient...au quotidien.
Conditionné, drogué, nul ne peut affirmer sérieusement que des objets s'amusent à nous visiter. Et puis déjà battons-nous pour l'éducation correcte de nos enfants en dehors de toute chapelle !


Que dès le plus jeune âge, ils sachent correctement assembler des cubes...

La course

Le Soleil se lève
Toujours du même côté
On peut l'ignorer

Traçons notre propre course
Elle sera bien éclairée

Taï chi multiple



Taï Chi multiple
mars 2016






1-Yi King

Terre
Lenteur de la pousse
Des arbres
Fourmi sur branche
Odeur pénétrante
Feuilles en myriade
De toutes formes
Branches possédant l'air
Donnent couleur
et frisson vert

2-Envie

J'ai envie
De ne jamais nous oublier
De toujours
Retrouver ce désir de nous
Chacun unique personne
Cette confiance permanente
En la complétude de nos êtres
De surface ovale

3-Bossa nova

Boss
À
Nouveau
Nova vieux
Reptile tatoué
Marqué le feu
Feu sacré
Sacré tes yeux
Tes yeux tendres
Vaches immobiles
Au plafond de l'attente
Sur fond d'aiguilles de pin
Ne rien perdre que nous ne désirions
Sous les pies de la vache
Du lait en abondance
Sous ses pieds de la bouse
Sur sa bouche de la bave
De son nez de la chaleur-vapeur

4-Et toi là qui ne me voit plus

À la fois légèr souvenir
Épaisse comme une crèpe
Je dentelle sur paysage de Bretagne
Ribambelle de soleils
Au fil des jours
D'encore vivre
Soucis en clé à molette
Classés
Dans le creux du coude

5-Lieux d'en-vie

L'amour aime l'amour
Sans préavis
Au fil de ton corps
En absence d'ourlet
de refus de surface

6-Tête dans la terre

Soupir frais orné de feuilles vertes
Radis rouge craquant
Entre les dents

Lenteur de la vie
Mes cailloux blanc me suivent
Ils ricanent
Je peux retourner en arrière
Seule en les suivants

Qui s'intéresse á ma vie
Maintenant
Que l'âge m'égare
Dans le panier des jours

Je redeviens ballon de joie
Sans attache
Flottant dans le ciel
 Ficelle libre
Emmêlée au paradis
De mon corps

7-Tenace

La glycine
Pend ses grappes de fleur
À ton attente violette

Tu secoueras tes pistils jaunes
En jouets sans langage
Loin de moi
Demain

Mystère de notre rencontre



Ècrit en 2016
Réécris ce jour

Le continent

S'inventer de gré
Le dessin de nos sourires
Le temps d'oublier

J'ai voulu frapper la pierre
Du continent qui me porte

la triazolokosbeviensohainezodiazépines



/ pardon/ je persiste/ je peux créer le néant si facilement/ là/ action/  turfu/ feu d’artifice/je suis en train de créer une image/ arc en ciel/ produit/je suis en train de regarder mes yeux/ le mouvement des veines/ à l’intérieur/ le cœur/ c’est-à-dire/ le visage/ nul/ comme un animal/ j’ignore la question/ je suis curieux/ la triazolokosbeviensohainezodiazépines/ la haine dans l’oreille/ habite le corps/ j’appuie sur mon visage/ la tête rasée comme/ derrière les cheveux/ une plante/ et derrière la mâchoire/ j’insiste quand je mâche un insecte/ la tête/ je parle/ qui n’est pas vraiment la mienne/ le rouge/ qui est logiquement/ absurde/  


Khalid EL Morabethi

https://secicrexe.tumblr.com

Les yeux ouverts

Les lèvres se frôlent
Le supplice est un délice
Rien ne le remplace

On rêve les yeux ouverts
Pour caresser le mensonge

Pivoines à foison

Pivoine
Rose et blanche panachée
 
Corail et mauve
A peine un frisson
Crépon froissé
 
Bois de rose
Chardin
 
Poivre
Pompon
Odorant
 
Déliquescent
Blanc virginal
Guilloché d’or
 
Esquissé
Japonisant
 
Frangé
Pétales
Fouillis
 
Manet
 
Botanique
Cerisier
Cyclamen
 
Tulle en jupon
Mousseux
Buisson foisonnant
 
Estampe
Nature morte
 
Organza troussé
Fantin-Latour
 
Décomposé
Pivoine
Une à une chutant
 
Bouquet
Consolateur

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