Le Forgemots

Textes => Autres textes => Discussion démarrée par: Nicolas Ben Mustapha le 15 août 2019, 13h32

Titre: Ce soir je pense à toi.
Posté par: Nicolas Ben Mustapha le 15 août 2019, 13h32
Ma chère, je t’écris ces longues lignes dans la brise du soir pour te demander ce que tu retiendras de moi lorsque tout ne sera plus que souvenirs. Te rappelleras-tu tout cet amour que je souhaitais t’offrir ? Penseras-tu encore de temps en temps à cette passion dévorante et déchirante qui était mienne ? Tout ce que j’ai fait de mal c’est espérer la réciprocité de ces sentiments zélés.

Oui c’est vrai, j’ai un peu rêvassé. Au milieu des étincelles et des éclats, j’ai cherché la Belle de mes nuits. Oui je sais tu ne vois pas les choses comme moi, un drap de lin ou de velours semble masquer le chassé-croisé de nos regards distincts. Je suis rongé d’égoïsme, tempêtes et orages en plein cœur, tu le sais.

Oui c’est vrai, la réalité est méprisante, et mon imaginaire est orgueilleux. Tous me l’ont rappelé et je te cherchais, tu le savais. Toi, tu  t’éclipsais, regard bleu azur au détour de la rue. Pour moi l’essentiel c’était d’avoir quelqu’un pour qui trembler, quelqu’un pour qui fulminer cette adulation véhémente. Oui c’est vrai que l’amour perd son élégance quand il cesse d’être secret.
Ce soir encore je pense à toi. Ce soir encore je n’ai envie que de toi, de me retrouver dans tes bras. Ce soir encore, j’ai absolument tout sauf toi.

Je suis là pour toi, j’écris pour toi. Lâchement, sans jamais te nommer ni sans jamais me nommer. Mais j’écris à défaut de pouvoir m’exprimer à voix haute. Tu sais on me l’interdit. Ma parole est muselée, mon regard est bâché, ma personne est ostracisée.

Je cherche ton regard, je cherche ton sourire, une attention particulière qui me laissera croire que d’illusion en désillusion, je retrouverai ces papillons qui dans mon ventre chantent tes louanges là où ne subsistent aujourd’hui qu’un terrible nœud. Aujourd’hui comme demain, je me demande à quoi bon fulminer mes passions, pourquoi scander mon amour.
Je le martèle sur des airs mélodramatiques où se mêlent à outrance sentiments et pulsions. Je me sais romantique  mais je suis bouffi d’orgueil. Oui c’est vrai, je radote et je ressasse. Mais il y de ces soirs où je voudrais te dire combien je t’aime, combien mon amie me manque.

Ce soir encore je pense à toi. Ce soir encore je n’ai envie que de toi, de me retrouver dans tes bras. Ce soir encore, j’ai absolument tout sauf toi.
Quand je serais parti ou que tu m’auras fuit, dit moi ma Belle, que retiendras-tu de tous ces souvenirs ? Pour moi je crains que ne subsistent que les souvenirs fantasmés de ce qui aurait pu être. J’aurais pu croire que tu n’étais qu’une illusion. J’aurais pu croire que tu n’étais que le fruit de mon imagination. Je me demande si je dois me battre encore. Dans ton dos tu penses que je souris mais ce n’est qu’affabulation. Ce qui me chagrine, c’est que nos quelques bons moments se noient dans tous ces remords.

Ce soir encore je pense à toi. Ce soir encore je n’ai envie que de toi, de me retrouver dans tes bras. Ce soir encore, j’ai absolument tout sauf toi.

Si je fais un pas un avant, lancera-tu un regard en arrière ?

Nicolas.