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Textes récents

Éloge de la douceur

Sur ta désespérance je ferai pousser des roses,
Elles n'auront pas d'épine pour te piquer les doigts.
Je poserai sur ta bouche le doux de leur velours
Juste avant mon baiser.
J'agrandirai le ciel pour que tu y respires
L'air pur aux voiles de mon navire.
Je me ferai soleil pour réchauffer tes os,
À tes larmes d'enfant, j'opposerai mon sourire
Et boirai sur ta joue le fruit de tes soupirs.
Pour que tu n'aies plus froid, pour que tu n' aies plus mal
De toute ma tendresse je me ferai repos.
Je deviendrai la source de tous les elixirs
Les potions, les magies  qui rendent les hommes beaux
De bonheur à venir.
Je prendrai dans mes bras le tout petit garçon
Qui pleure encore en toi.
Je deviendrai rivage, brise légère sur la plage
Pour emporter au vent l'écho de tes sanglots.
À ton coeur impatient de battre enfin plus fort
J'apprendrai la douceur, rythmerai le tempo.
À ton corps épuisé des peaux sans lendemain
J'inventerai l'avenir dans la paume de mes mains.
La nuit je veillerai pour chasser tes cauchemars,
Aux monstres qui t'assaillent je donnerai congé.
Au creux de ma lumière quand tu voudras dormir
Tout ne sera que calme, ton pouls rendu paisible.
Sur la brutalité, la haine et la violence
Je fermerai la porte et je perdrai la clé,
J'enverrai la bêtise, la honte et l'ignorance
Mourir à cette adresse et te faire silence.
Plus rien ne rouvrira tes anciennes blessures
J'en serai la cicatrice, cousue main sur mesure
A petits points serrés d'un fin fil enchanté
Que j'ai tissé au ciel,
Dans une poussière d'étoile qui passait par hasard
Venue de je ne sais où et en route pour nulle part...
À tes anciens chagrins et à tes faux amours
Je dirai qu'il est tard et qu'ils doivent s'en aller
Se chercher d'autres âmes, la tienne n'est plus libre
Pour longtemps, pour toujours…
Je deviendrai musique, je deviendrai plaisir
J'écrirai tous les mots des pages de tous les livres
Pour t'emporter au loin de ton monde sans désir…

Nouvelle fleur

Magie printanière
Où est la nouvelle fleur
Des espoirs perdus

Suis la course du Soleil
Pour toujours et à jamais

Grendizer

Série héros pilotant des robots géants, épisode 2 (et dernier, rassurez-vous). 

Fait d’acier et sur papier,
Tout ça juste pour vous sauver,
Dans ma série animée,
Vous m’avez bien oublié,
 
Véga coulait vos navires,
Vous pillait, de pire en pire,
Et j’ai sauvé votre empire,
Ai-je encore un avenir,
 
Je rouille dans un hangar,
J’ai largué les autolargues,
Il est triste mon regard,
J’aurais pu changer l’histoire,
 
Mais plus besoin de Vega,
Pour détruire, et caetera,
Accumuler les dégats,
Sur la terre et au-delà,
 
Mon prince n’est plus si fort,
Est ce qu’il dort, est-il mort,
Ou est ce qu’il doute encore,
   
Qu’on mérite tous nos efforts ?

Douce écorce

douce écorce
 sur ma nuque
 
 frisson végétal
 
 mes paumes
 écoutent
 le chant de la tradition
 que les feuilles
 dispersent
 en
 un tourbillon
 de
 solitude
 
 douce écorce
 rêvant l'origine

Des restes de civilisation

Le soleil commence à descendre. Le ciel se charge de nuages sales. Tom marche sans but dans la grande rue de Marysville ; il ne se souvient pas de ses dernières heures ni d’où il est sorti pour se retrouver en ces lieux. Quelques images éclairent son cerveau comme autant de polaroids éparpillés sur une table : il se trouve dans une fête, avec des visages inconnus, de l’alcool proposé avec le sourire par de superbes hôtesses habillées d’or, une musique aux accents de fin du monde et au refrain lancinant magnifié par un air de saxophone.
 
« Boys, Boys, it's a sweet thing
 Boys, Boys, it's a sweet thing, sweet thing

 If you want it, boys, get it here, thing
 For hope, boys, is a cheap thing, cheap thing »
 
Les trottoirs sont poussiéreux. Les lampadaires s’allument progressivement, les façades reflètent la lumière des vitrines. Tom s’arrête devant un magasin de confection féminine ; le mannequin exposé lui rappelle quelqu’un, avec ses longues jambes, sa robe rouge, ses cheveux blonds et ses grands yeux tristes. Le jeune homme lui sourit ; il n’attend pas de réponse ou de signe, juste un semblant d’humanité dans un décor vidé de ses habitants. Les yeux bleus de la poupée de plastique le fixent avec un air de poisson mort, comme si la solitude avait depuis trop longtemps envahi l’espace.
 
Tom reprend sa marche. Il avance mécaniquement un pied devant l’autre. Au bout de la rue se dessine l’horizon encore hanté par un soleil orangé, une sorte de géant fatigué et bientôt débarrassé de ses oripeaux. Après une éternité, il aperçoit l’entrée d’un bar. Le jeune homme tressaille ; une silhouette semble bouger derrière le zinc. Il décide d’entrer pour en avoir le cœur net.
 
***
 
—Bonjour mon ami, lui lance le barman. Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Nous avons les meilleures bières de Marysville, le nec plus ultra dans le Nevada et au-delà.
—Ça me va.
 
Le barman démarre son rituel bien huilé. Tom le regarde, trop heureux de constater que la ville n’est pas complètement déserte, qu’il subsiste des traces de civilisation. Il tente d’en savoir plus sur Marysville.
 
—Je m’appelle Tom. Je viens de Los Angeles.
—Moi, c’est Joe. Je viens de Marysville.
—Vous êtes né ici ?
—Oui. Mes parents aussi, leurs parents également. Avant nous, il n’y avait que les crotales, les cactus et les Indiens.
—C’est toujours aussi désert, à cette heure ?
—Ne vous arrêtez pas à la première impression, Tom. Dans quelques heures, la grande rue va se remplir de monde, les magasins seront bondés et vous pourrez même sentir une bonne odeur de cacahuète grillée.
—Il fera nuit. Marysville vit la nuit ? C’est ça, Joe ? Comme à Las Vegas ?
—Vous connaissez l’histoire du Français, de l’Allemand, de l’Américain et du Mexicain, Tom ?
 
Tom ne voit pas le rapport avec sa question. Il sent que Joe veut à tout prix lui raconter son histoire, même si visiblement il n’est jamais sorti de son trou perdu.
 
—Non, Joe, je ne la connais pas.
—Je la tiens de mon grand-père ; elle date du début du siècle dernier. Bon, je vous la raconte. Un avion survole les Montagnes Rocheuses, avec à son bord, en plus de l’équipe de pilotage, quatre personnes : un Français, un Allemand, un Américain et un Mexicain. Soudain, le pilote annonce que le moteur a subi une grave avarie ; il n’y a pas assez de puissance pour arriver à destination. Le seul moyen est d’alléger le chargement. Les quatre passagers décident de délester l’habitacle de leurs bagages. Malheureusement, cet effort ne suffit pas. Le pilote leur demande alors un sacrifice. L’un d’eux doit se jeter dans le vide, et il n’y a pas de parachute de secours.
—Elle est glauque votre histoire, Joe.
—Je n’ai pas fini, Tom. Les quatre passagers se regardent, puis l’Allemand s’approche de la porte, l’ouvre, crie « Vive le Kaiser ! », puis se jette dans le vide. Le silence règne alors dans la pièce, puis le pilote annonce qu’il y a un mieux mais que ce n’est toutefois pas suffisant. Le Français, après le geste grandiloquent de l’Allemand, s’approche à son tour de la porte, regarde les deux autres, crie « Vive la République ! » puis saute.
—Je suppose que le pilote leur annonce ensuite qu’il faut encore un sacrifice.
—C’est exactement ça, Tom. Les deux derniers passagers se regardent, puis l’Américain crie « Vive Alamo » et pousse le Mexicain dans le vide.
 
Sur ces derniers mots, Joe se met à rire bruyamment, avec des petits cris de cochons. Tom ne trouve pas l’histoire drôle. Elle ressemble aux blagues du président, pour qui tous les étrangers sont des Mexicains. Le jeune homme esquisse un sourire de façade. Il sait désormais qu’il n’obtiendra aucune réponse de Joe, trop occupé à faire briller ses verres tout en le regardant d’un air égrillard.
 
Tom vide sa bière, paie Joe puis quitte les lieux.
 
***
 
Le vent se lève. L’air se réchauffe tandis que le soleil se décharne. Marysville ressemble à une ville fantôme abandonnée par ses habitants partis chercher la fortune dans les casinos de Las Vegas, peut-être pour éviter les blagues de Joe. Tom ne peut les blâmer.
 
Le jeune homme continue de marcher. L’horizon rougeâtre lui rappelle une légende que lui racontait son grand-père. Dans ses souvenirs, elle parlait d’un village dont la population avait disparu un soir, sans prévenir. On en avait parlé dans les journaux, à la radio, à la télévision, de New York à Los Angeles et même en Europe. Personne n’avait découvert la raison d’une telle disparition. Quand Tom avait demandé à son grand-père ce qu’il en pensait, ce dernier lui avait répondu, d’un air facétieux : « la vengeance des Indiens ou un truc comme ça ». Puis il avait cligné de l’œil, comme il le faisait chaque fois qu’il fallait garder un secret. Depuis, Tom n’en avait jamais parlé à personne.
 
« Boys, Boys, it's a sweet thing
 Boys, Boys, it's a sweet thing, sweet thing

 If you want it, boys, get it here, thing
 For hope, boys, is a cheap thing, cheap thing »
 
Marysville semble loin désormais. Aucune voiture n’a croisé la route de Tom. La route s’étend jusqu’à l’horizon, bordée par le désert du Nevada avec ses crotales et ses cactus. « Putain d’Indiens ! » s’écrie le jeune homme en marchant vers l’infini.

Graine d'hiver

Le grand robot de métal froid,
Dort dans un hangar,
Corps rodé aux suppôts de Vega,
Lointains exploits, nouveau départ,
Impossible,

Pour sauver le monde, ce n'est plus moi,
Je vis dans un monde à part,
Mon prince si fort n'est plus là,
Pour sauver le monde, ni mécha, ni espoir,
Plus de cible.

Evanescence 2

les paumes emprisonnées
par le jardin
tu te demandes
si la parole végétale
délivrera
l'instant
 où
chacun
exilé de sa prison
dansera sur les murs

Mea culpa

Je veux que tu m'embrasses

Je veux que tu m'enlaces

Je veux que tu reviennes

Je veux quoiqu'il advienne

Je veux que tu pardonnes

Même si ça étonne

Mon amour j'ai failli

Mais reviens je t'en prie.

Je serai celle que tu veux

Je tricherai à tes jeux

Pour te laisser gagner

Tout ce que j'aurai misé.

Je serai ta geisha

Ta danseuse de Cha Cha.

Mon amour s'il te plaît

Rien n'est jamais parfait,

Toi même quelquefois…

Mais il s'agit de moi.

J'ai déçu tes attentes

Abîmé notre entente,

J'ai compris la leçon

Je demande pardon.

Je ne le ferai plus

Ne revenons pas là-dessus,

Je recommencerai pas

Je le jure sur Bouddha.

C'est toi qui a raison

Le foot c'est pas bidon!

Evanescence

assise dans le silence
paupières au delà
                       de la tour de nuages
tu espères
la neige du cosmos
                         celle qui recouvrira
                         dans l'évanescence
du trait
les demeures urbaines
                            ultimes phares du
babel de la souffrance

Tu m’abîmes

Tu m’abîmes,
Tu m’abîmes de désir, de plaisir, de souvenirs
Tu écorches ma peau de frissons impatients
Si sûrs de leur pouvoir à mon cœur défendant.
Tu m’abîmes d’absence, de peur et d’abandon,
À chaque aurore qui pointe je plonge plus profond
Ma peine se déchaîne au loin sur l’horizon.
De plein fouet mon amour roule tout autour d’ elle
Dans un ressac furieux d’impuissance à mourir.
Tu m’abîmes de mots doux et de silences
De non-dits, d’interdits, violents comme un poison,
Dans des baisers de miel fermés comme une prison.
Tu m’abîmes de caprices, de musique, de chansons,
Ton ombre comme un mirage me réchauffe et m’éclaire.
Au plus noir de la nuit tu brilles comme une étoile
Morte depuis mille ans, lumière inaccessible,
Tu n’es déjà plus là et je suis déjà vide.
Tu m’abîmes de sourires sur ma désespérance
Tu m’abîmes de regrets sur ton indifférence.
Tu m’abîmes de tendresse poisseuse comme l’habitude
Je ne suis qu’une émotion, tu m’échardes de quiétude,
Lacérant de sagesse l’enfer de ma passion.
Tu m’abîmes comme un vase oublié au placard
Que pas la moindre fleur ne visite plus jamais
Son cristal s’éteint, ternit et puis se tait.
Un jour une maladresse, une main malhabile
L’attrapera brusquement, la chute sera fatale
En des milliers d’éclats brillants comme des larmes...

Un même Soleil

Voyager un jour
Découvrir les horizons
D'un même Soleil

De l'estampe à la peinture
Des légendes et des merveilles

Temps morts

Tout s'arrête
Le chat est passé par là
La souris se sauve dans l'armoire
De grand-mère
Celle qui n'a pas été indemnisée
Pour réparation
À la mort prématurée
D'une partie de la famille
Dans les chambres à gaz

Tout simplement
Le ménage est rassurant
L'Ennemi est invisible
Permanent
La poussière
 Revient sans cesse.

La vie autre poussière
S'éloigne inexorablement à vie d'homme

Elle peut devenir un enjeu de nettoyage ethnique
Saleté de naissance incorrigible.
Histoire improbable
Avenir potentiel
Pas de loi historique
Cher Marx
Destruction voulue
Part maudite
Cher Bataille

Fiancée

Un temps révolu
Embrasser la peste noire
Fiancée fragile

Le poème du sage aurige ou la complainte du lai pour gens simples

Griffer, froisser les pages blanches
Incanter ces mots de grimoire
Fils de l'alambic à tiroirs
Epiphytes d'amphigouri
Dithyrambes d'ivre pythie
Promettant le fol hyménée
Aux seuls princes, tant adorés                        

Mène, aurige, ton attelage
De rimes ailées, de vers sages
Que ta plume soit élégante
Et pour mon âme, caressante

À l'abri des poètes

Méfie-toi des poètes, ils n’ont rien dans la tête
Que la valse des mots qui l’hiver leur tient chaud.
Qu’importe ta présence, ta beauté, ta tendresse
Ils jetteront sur tes heures le trouble et la tristesse.
Les poètes petite, sont des météorites
Sur les coeurs ils passent vite, filant à tous les vents
Ils soupirent des promesses, douces comme des frôlements
Elles ne sont qu’une source à leur inspiration.
Leurs serments sont de paille et tes feux les enflamment
Mais au matin les ruines de ton coeur fragile
Les laissent sans émotion, déjà loin de tes larmes.
Les poètes ma douce, ne savent pas lire l’heure,
Ta vie faite d’attente au gré de leurs humeurs.
Mais pour un mot qui sonne, adieu le rendez-vous
Tu compteras moins qu’une plume, contre une rime ou un vers.
Les poètes ma belle, n’aiment des demoiselles
Que la nuque ou la hanche à peindre de leurs mots
Mais la nuit, épuisés, c’est pour d’autres repos
Qu’ils reprendront la route, insensibles à tes pleurs.
Les poètes ne t’aimeront qu’une saison ou un heure,
Autant que le soleil quand il joue sur ta peau,
Sa caresse innocente qui en secret te brûle
Avant de disparaître, te laissant dans la bruine.
Éloigne toi des poètes, ils n’ont rien à offrir
Que des mots qui s’envolent emportant leur désir
Et leur amour de toi dans l’orage et le vent.
Les poètes mon ange, te perceront le coeur
De leur plume de soie et de leurs mots menteurs
Ce n’est pas toi qu’ils aiment mais la tendre couleur
De tes joues qui s’empourprent et de tes sentiments.

La félicidad

Un peu de vin de miel
 
Sous l’arbre
 
Ambroisie
 
Nectar doucereux
 
Doucement lapé
 
Goût sucre y dulce
 
Note de pêche
 
Un rien de fièvre
 
Un poco tambien
 
Babouche au pied
 
L’autre aux andains
 
La chatterie d’un après midi
 
Bellement acquis 
 
Sereine déclive
 
Au sain ouvrage
 
Genèse de l’âme
 
Profanes écrits
 
Je muse et je flâne
 
Et je rêve aussi
 
D’un après demain
 
Aux airs de tzigane
 
Baraquin étrange
 
Bohème farouche
 
En frange égyptien
 
Qui a su faire l’ange
 
A mon cœur mépris.

L'instant tanné

Dur à cuire,
Resplendir,
Je ne sais,

Ressentir,
Retentir,
A jamais,

Ce moment,
Comme du cuir,
Bien ciré,

Cet instant,
Pour écrire,
Et tanner.

La clé des chants

Je bosse fort 
Un peu plié par le boulot
Je déambule las et défait

La mine crayon
Je broie sans boire 
Le flot des maux 
Hémorragie subliminale

Je t’aime un peu 
Comme du roquefort 
Sans la mie et le rouge

Tu fais des si sans signes
Latents 
Je suis à l’envers des sens 
Jument ! rebours… 
Je trais le fil des mots laboures 

Et sans le son je perd la voix 
Qui mène là 
Dans ce détroit détresse 
Humaine

Je trouve la clé des chants
Et file a contre temps 
Sur les vagues du temps


Là bas dans mon élément.

Mes mots

Mes mots, tu n’auras que mes mots.
Mais mes mots les plus beaux.
Ils vont te rendre fou.
Ils te feront des voyages dans les contrées lointaines
Seront le paysage de mon âme sereine
J’y mettrai mon visage, mes valises, mes bagages…
Tu n’auras que mes mots
Ils poseront sur ton coeur des couleurs d’arc en ciel
Ils seront un refuge pour tes joies et tes peines
Ils viendront dans tes rêves te raconter ma vie
À pas légers, sans bruit se poseront sur ton lit.
Ils vont te faire douter, de tout, de qui tu es
Et te feront chanter et te feront attendre
Ce rêve réalité, quelqu’un pour te comprendre.
Tu n’auras que mes mots
Mais j’y mettrai le miel pour y sucrer ta bouche.
Les parerai de dentelles à en devenir louches.
Ils te seront des manteaux pour le coeur de l’hiver
Tu y vivras au chaud de mes humeurs légères, 
Tu voudras les manger et tu voudras les croire
T’en faire une boussole, une étoile dans le noir
Ils deviendront ton Nord, le port de tes envies.
Tu feras des merveilles pour ne jamais les perdre
Tu vivras au soleil, aux rayons de mon ciel
Où mes larmes te feront de si jolies averses.
Tu n’auras que mes mots
Pour vivre en aventure, t’ouvrir au vaste monde
De ma voix qui murmure.
Tu voudras les faire taire et tu voudras dormir
Mais même tes paupières refuseront d’obéir
Ils te sauveront de tout, te garderont en vie
Dans mon rire clair d’enfant qui ne veut pas grandir.
Ils se feront tatouer dans le creux de tes reins
Tu ne pourras que rendre tes armes à leur destin.
Tu n’auras que mes mots
Mais ils seront ta plage, ton sommet, ton rivage,
Danseront sur toutes tes pages et toutes tes images,
Réveilleront tes matins et allumeront tes soirs,
Deviendront le chemin qui mènent à la victoire.
Tu n’y pourras rien faire, tu entres en obsession
Naufragé volontaire de ma destination
C’est toi a voulu, c’est toi qui es venu
Tu finiras par voir que tu n’aurais pas du.
Il est déjà trop tard pour jeter tes regrets
Aux lumières de mon phare, tu es comme aux arrêts.
Tu n’auras que mes mots
Mais ils te rempliront d’espoir et de promesses
Qui jamais ne viendront…
Ils se feront si doux qu’ils deviendront poison
Ils te donneront la fièvre, tu perdras la raison,
Tu voudras te cacher et tu voudras t’enfuir
Tu vas prier le ciel et tu vas me maudire
De ne pas être vraie, je ne suis qu’un sourire
Une voix dans ton sommeil, le meilleur de ton pire…

Rêve Crétois

dauphins bleus
planant sur
l'ocre de la pierre
entre sabre et papillons
ailleurs le disque de phaistos
interroge le verbe

A quoi bon

pacifier
pas s'y fier
pas si fier
paix inutile
car
improbable

le temps
point
figé dans
l'esprit de l'humain
immuable
car
mémoire lacunaire
sans passé
sans savoir
pacifier
quoi

Fusion

matin grisé
battu par
le large
l'estran à peine dévoilé
se lamente
des morsures de la falaise
                                       que fixent mes pupilles
le sable
fusion de pas et d'embruns
exalte l'instant
un cri
des mots
échappés de mon crâne
                                    amalgame étranger à ma voix
s'agrègent à celle du vent


                   dans le matin grisé battu par le large je retrouve la langue du temps

Couronne

Un temps
Dominé
Par la fièvre d'amour

Une profonde dépression

Dans un parfum irrespirable

Couronne
De torture
Aux reflets de luxure

La mort dans l’âme.

Cœur excorié
 
Excisé
 
Cœur lourd
 
Rend cœur au bord de lèvres
 
Le chagrin pèse une enclume
 
Ton esprit un jour s’est envolé
 
Battait la campagne
 
Seuls les sourires te ramènent à moi
 
Tes mots d’amour naguère si rares
 
Fusent désormais en faconde
 
A ton âme aliénée
 
Je les cueille du bout des doigts
 
Tresse les ombres du passé
 
Pour faire reposoir pour plus tard

Les ronces

les ronces enlacent mes amours
 à peine
 retenues par les griffes  acides
 des sentiments
 
 sous les arbres étoilés de feuillage je m'abandonne
 au printemps
 je pleure
 
 je pleure le temps
 qui
 depuis tant de temps
 ne s'arrête
 jamais
 
 les ronces emportent
 mes amours et les griffures sénérescentes
 dans la tombe

Mizugashi : La thérapie



J’occupe le d. Me manger. J’occupe. Mes yeux, Je ne sais pas s’ils sont blancs ou vraiment blancs

J’occupe le d. Il me mange et j’admire la façon. J’occupe. Je suis vivant mais la conscience

J’occupe le d. Il m’aime comme. J’occupe. Je suis en train de préparer un délicieux repas

J’occupe le d.  Tu ne peux pas entrer. J’occupe. Ma tête ne ressemble à rien. Sauf

J’occupe le d.  Et je l’aime vraiment.  J’occupe. Comme.  Mais la conscience. Sauf

J’occupe le d. Il peut entrer. J’occupe. Prendre le contrôle. Sauf

J’occupe le d.  Il me permet de devenir. J’occupe. Je ne vais pas être déçu

J’occupe le d.  Il s’est tellement identifié à. J’occupe. Une partie de moi-même. Mais. Sauf

J’occupe le d.  Les dents et dedans. J’occupe. Son sourire 


KHALID EL MORABETHI

Papier blanc

Sur le papier blanc
Virevoltent milles histoires,
Et les mots manquent déjà
Du bout de mes doigts

Les formulations
Sont à jamais inexactes,
Quand on a peur de le dire
Vaut-il mieux l'écrire ?

Libre de penser
Je suis déjà prisonnier,
Vous croyez en une histoire
Qui devient réelle

Une image morte
Propre aux valeurs qui s'effondrent,
Je caresse un vieux tableau
Créé par mes soins

Revenir au blanc
Aux histoires à inventer,
Depuis des années j'efface
La moindre prémisse

Riez et dansez
Que l'on se saoule au plaisir,
Avant de parler d'amour
Il faut en jouer

Un petit sourire
Avant de tendre la corde,
Vous me feriez dégueuler
Avec votre peine

Vous et vos tracas
De bien-portants miséreux,
Gardez-vous la distraction
D'aller vous faire foutre

Confidences de tiroir

.
Il continue à rêver de dunes de sable
 De mains savantes au creux des oyats
 Quand l'océan pousse ses dentelles de vagues
 Quand de pâles nuages élastiques
 Envahissent l'âme
 De promesses d'amour couleur chair
 Pores impatients au seuil des doigts délicats
 
 

Il rêve l'émoi d'un abandon
 Oh !
 Laisser s'accomplir le rite délicieux
 Offrir
 Satin vibrant à la houle d'un cœur
 Deux seins ourlés d'aréoles calmes
 Sombres soleils de nuit
 Cibles de toutes les tendresses
 
 


Avide de caresses
 En plis de songes inavoués
 Le soutien-gorge de Mademoiselle Lili
 Rêve
 Sage
 Replié en papier de soi
 Depuis toujours oublié dans sa boîte  

.
.

Mauve espace

Entre rose et violet,
Les ascenseurs montent,
Descendent même l'été,
Leurs contrepoids de fonte,
En hauteur, encablés,
Nos paquebots appontent,
Ils transportent nos idées,
Et les fées dans les contes.

Bonnet rouge

Ton bonnet rouge
Un vie suspendue
Au moment présent
Toi sans papier


Je t'ai croisé
Un jour à la mairie
Tu cherchais une marraine
Je t'ai trouvé un parrain
Musicien



Pour une signature
À la Préfecture
Tu fus mis dans un charter
Retour case d'arrivée
Madrid

Tu parles français
Tu dois apprendre l'espagnol
Dublin deux oblige

Ton cousin est revenu
Mourir à Abidjan
Tué par les mauvais traitements subis au Maroc

Mon coeur saigne
Ma dignité est bafouée
Tu ne t'appartiens pas
Je t'ai perdue

* Messages récents

[Poésies] Re : Grendizer par zebulong Aujourd'hui à 14:56
[Poésies] Re : Éloge de la douceur par Sandrine P. Aujourd'hui à 12:25
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[Poésies] Re : Evanescence 2 par zebulong Aujourd'hui à 06:43
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[Au coin du feu] Re : Bienvenue au coin du feu ! par pierre de silence 16 juin 2018, 09h42
[Poèmes courts, haïkus] Re : Un même Soleil par pierre de silence 16 juin 2018, 09h34